Les Républicains ont officiellement apporté leur soutien à Louis Sarkozy pour les municipales de 2026 à Menton. À défaut d’une investiture immédiate, LR valide un choix qui en dit long sur l’état du parti.
Un « soutien » qui confirme la dérive de LR
Le fils de l’ancien président a reçu le feu vert de la Commission nationale d’investiture, même s’il ne sera adoubé formellement qu’au lancement officiel de sa campagne, pour éviter les problèmes de temps de parole. Une précaution qui ne masque pas l’essentiel : si certains doutaient encore que LR ait cessé d’incarner une droite assumée, ce choix vient achever les illusions. En misant sur une figure médiatique américanisée et déconnectée des enjeux nationaux, le parti s’enfonce encore un peu plus dans le brouillard.
Louis Sarkozy revendique lui-même ce décalage. Soutien affiché d’Hillary Clinton en 2016, favorable à la légalisation du cannabis et à la GPA, il s’était même illustré par une phrase lunaire expliquant que la France devait « relever le défi du métissage », un propos qui résonne étrangement avec le projet de créolisation porté par Jean-Luc Mélenchon. Difficile de faire plus éloigné d’une droite conservatrice et pourtant, c’est ce profil que LR choisit désormais de porter.
Un candidat artificiel pour une ville qui n’a rien demandé
À Menton, Louis Sarkozy explique n’être Mentonnais « ni de lignée, ni d’origine, ni de naissance, ni d’éducation » mais « d’adoption ». Il se pose comme le candidat du renouveau, vantant le besoin de « sang neuf ». Une candidature parachutée dans une ville qu’il connaît peu, mais où sa présence médiatique peut servir d’argument électoral à un parti en panne de figures locales.
Pendant ce temps, LR investit sans surprise David Lisnard à Cannes, figure autrement plus ancrée sur le terrain. Le contraste est saisissant. D’un côté, un élu expérimenté ; de l’autre, un jeune chroniqueur transatlantique, symbole malgré lui d’un parti qui ne sait plus ce qu’il veut incarner. Ce soutien à Louis Sarkozy n’est pas seulement un pari risqué, c’est l’illustration d’un affaissement doctrinal qui, élection après élection, rapproche LR d’un naufrage annoncé.