Invitée jeudi soir sur BFMTV, Maud Brégeon, porte-parole du gouvernement, a défendu la décision de Sébastien Lecornu de suspendre la réforme des retraites, quelques heures seulement après le rejet des deux motions de censure à l’Assemblée nationale. « Le Premier ministre est un homme de parole », a-t-elle assuré, rejetant les accusations de ruse formulées par la gauche et le Rassemblement national.
La majorité tente de rassurer après une victoire fragile
Lecornu a échappé à la chute de son gouvernement de justesse, avec seulement 18 voix d’avance, révélant un équilibre précaire au sein de l’hémicycle. Les socialistes, qui avaient conditionné leur abstention à la suspension de la réforme, pourraient devenir des alliés décisifs dans les débats budgétaires qui s’ouvriront dès lundi. « Il n’y a aucune entourloupe sur les retraites », a insisté Maud Brégeon, tout en reconnaissant que cette suspension « fait bien sûr mal » à la majorité.
La porte-parole a rappelé que la promesse de pause serait concrétisée par un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, présenté comme « un signe majeur de la bonne foi du gouvernement ». Mais à droite comme à gauche, la méfiance demeure. Jordan Bardella a dénoncé une « manœuvre politicienne » visant à piéger les socialistes, tandis qu’Aurélie Trouvé a qualifié cette suspension de « tromperie ». Face à ces critiques, Maud Brégeon a conclu : « Voter un budget, c’est la prérogative première des parlementaires. À eux de montrer qu’ils peuvent agir pour la France. »