Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé mardi la dissolution de l’Assemblée nationale, une décision qui plonge encore davantage le pays dans une crise institutionnelle profonde, après plusieurs semaines de manifestations massives et de défections au sein de l’armée.
Cette annonce intervient alors que Rajoelina refuse toujours de démissionner, malgré les informations selon lesquelles il aurait quitté le territoire à bord d’un avion militaire français, selon la radio RFI. Le chef de l’État, dont la légitimité est désormais contestée, tente visiblement de conserver le contrôle du pouvoir en nommant des alliés militaires à des postes clés.
Le président avait déjà dissous le gouvernement le 6 octobre, avant de nommer le général Ruphin Fortunat Zafisambo au poste de Premier ministre. Cette manœuvre, censée apaiser la rue, a au contraire ravivé la colère populaire, notamment parmi les jeunes manifestants de la “génération Z malgache”, mobilisés contre les pannes d’électricité, les pénuries d’eau et la corruption endémique.
L’opposition a immédiatement dénoncé une dissolution “illégale et autoritaire” de l’Assemblée, estimant que Rajoelina, désormais isolé, cherche à éviter une procédure de destitution. Plusieurs unités militaires auraient par ailleurs refusé d’exécuter les ordres du président, accentuant la fragilité du régime.
La communauté internationale suit la situation de près. Des diplomates français et africains appellent à la retenue et à un dialogue politique inclusif, tandis que des analystes estiment que Madagascar fait face à sa plus grave crise institutionnelle depuis 2009, année du premier renversement de Rajoelina.