En déplacement à Mayotte ce lundi 21 avril, Emmanuel Macron a dévoilé un plan de « refondation » d’un montant de 3,2 milliards d’euros sur six ans. Ce programme vise à répondre aux urgences accumulées après le cyclone Chido, qui a frappé l’île en décembre dernier, causant 40 morts et 3,5 milliards d’euros de dégâts. L’enveloppe, financée par des fonds nationaux, européens et des bailleurs internationaux, doit permettre de relancer les infrastructures, améliorer la sécurité, renforcer les services publics et stimuler l’économie locale.
Un projet ambitieux accueilli avec scepticisme
Le chef de l’État a présenté un projet de loi attendu « d’ici l’été », qui comprendra notamment le durcissement des conditions d’obtention des titres de séjour, la création d’une zone franche globale à fiscalité allégée, et une convergence des aides sociales avec la métropole. Il a aussi confirmé l’abandon du projet de piste longue à Petite-Terre, en raison de contraintes techniques, et évoqué la construction d’un nouvel aéroport sur Grande-Terre. Emmanuel Macron a également promis le lancement dès mardi d’une campagne de vaccination contre le chikungunya.
Mais sur place, la population reste sceptique. Retards dans les indemnisations, lenteurs administratives, écoles toujours sans toit, bidonvilles reconstruits aussitôt rasés… Le chef de l’État a dû faire face à la colère de Mahorais qui dénoncent un traitement inégal par rapport à La Réunion, également touchée par un cyclone cette année. Des élus locaux ont réclamé l’interdiction de toute construction en tôle et un véritable plan d’urbanisme d’urgence.
Alors que Marine Le Pen avait recueilli 59 % des voix au second tour de la présidentielle de 2022 à Mayotte, le président sait que l’archipel reste un territoire hautement inflammable sur le plan politique. En annonçant que « d’ici un an, les choses auront profondément changé » en matière migratoire, il tente de regagner une légitimité dans une région exaspérée par l’insécurité, la misère et l’immobilisme de l’État. Mais pour beaucoup d’habitants, les mots ne suffiront plus : c’est l’action, rapide et visible, qui sera scrutée.