Le président français Emmanuel Macron et son homologue chinois Xi Jinping ont convenu, lors d’un entretien téléphonique, d’accélérer les discussions pour trouver une issue au différend commercial qui oppose actuellement la Chine et l’Union européenne sur les droits de douane appliqués au cognac. Cette avancée diplomatique intervient dans un climat globalement tendu entre Pékin et Bruxelles, sur fond de rivalités économiques et de mesures protectionnistes croissantes.
Dans un message publié jeudi sur le réseau X (anciennement Twitter), Emmanuel Macron a souligné l’importance de parvenir rapidement à une résolution de ce conflit, qui menace un secteur clé des exportations françaises. Il a également réaffirmé que les investissements chinois étaient les bienvenus en France, tout en insistant sur la nécessité de garantir des conditions de concurrence équitables pour les entreprises dans les deux pays. « C’est un point fondamental », a-t-il écrit, rappelant l’attachement de Paris à une relation commerciale équilibrée avec Pékin.
En janvier dernier, la Chine avait lancé une enquête antidumping visant les brandys européens, une décision largement perçue à Paris comme une mesure de rétorsion à l’appui affiché de la France aux droits de douane de l’Union européenne sur les véhicules électriques chinois. Cette enquête a été prolongée en avril, ce qui donne un sursis aux exportateurs européens – dont les grands groupes français LVMH, Rémy Cointreau et Pernod Ricard – mais accroît aussi la pression pour trouver un compromis diplomatique.
Lors de l’échange, Xi Jinping a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre la France et la Chine, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le président chinois a plaidé pour une défense commune des règles du commerce international, un ordre économique mondial stable et un « véritable multilatéralisme », selon des propos relayés par la chaîne publique CCTV.
Xi a également exprimé son soutien à une Union européenne « autonome » sur la scène mondiale, affirmant que la Chine voyait en l’Europe un pôle indépendant dans un monde multipolaire. Il a appelé à une coordination stratégique renforcée entre la Chine et la France pour affronter les défis mondiaux et produire des résultats bénéfiques « aux deux parties et au monde ».
Ce dialogue bilatéral intervient alors que la Chine et l’Union européenne sont, chacune de leur côté, confrontées à des tensions commerciales persistantes avec les États-Unis. Dans ce contexte, la volonté affichée par Pékin et Paris de résoudre pacifiquement leurs différends peut être interprétée comme une tentative de consolider un axe de coopération autonome face à la fragmentation croissante du commerce mondial.
La filière du cognac, fleuron de l’industrie française du luxe et de l’agroalimentaire, observe avec attention ces négociations. Pour les producteurs, un dénouement rapide de ce conflit permettrait de préserver l’accès à un marché chinois particulièrement stratégique, tout en évitant une escalade susceptible d’entraver durablement les échanges.