Invité par Omerta ce jeudi 20 novembre, le député LR du Territoire de Belfort, Ian Boucard, a livré un diagnostic sans détour sur l’état du pays et sur les responsabilités du chef de l’État dans la paralysie institutionnelle actuelle. Très critique envers Emmanuel Macron, il estime que la France paie aujourd’hui « dix ans d’improvisation et de décisions hasardeuses », dont la dissolution de 2024, qu’il qualifie de « complètement folle ».
Au fil de l’entretien, Ian Boucard décrit une Assemblée nationale où aucun camp ne peut gouverner seul et où « le chaos a failli s’installer ». Selon lui, la faute en revient entièrement au président de la République, incapable d’anticiper les conséquences politiques de ses propres choix : » Soit il voulait que le RN prenne le pouvoir, soit il voulait rendre le pays ingouvernable. Il ne pouvait pas ignorer ce qui allait se passer le soir du 9 juin ». Il critique également l’attitude d’Emmanuel Macron, dont il juge qu’il a « disparu du paysage national », se réfugiant dans la diplomatie internationale sans plus parler aux Français : « Le soi-disant maître des horloges n’a juste plus de piles », raille le député.
Boucard défend « une droite responsable » mais refuse l’union avec le RN
Sur la position de son propre camp, Ian Boucard assume une ligne de crête : soutenir la stabilité institutionnelle sans renier l’opposition historique des LR au macronisme. Il se dit favorable à travailler ponctuellement avec le gouvernement lorsque l’intérêt national l’exige, tout en critiquant sévèrement certains choix politiques récents.
Il rejette catégoriquement l’idée d’une union des droites, malgré les sondages qui montrent un large soutien des électeurs LR à ce rapprochement : « Ce serait la disparition instantanée du courant gaulliste et chiraquien. Dans toutes les coalitions de ce type, c’est toujours l’aile la plus radicale qui finit par absorber l’autre. »
Sur la scène internationale, Boucard réaffirme l’attachement de la droite républicaine à la solution à deux États au Proche-Orient, saluant la reconnaissance de l’État de Palestine comme une position fidèle à l’héritage gaulliste et chiraquien, tout en critiquant la gestion diplomatique globale d’Emmanuel Macron, qu’il juge « affaiblie et isolée ».