Le Parlement européen a adopté ce jeudi 8 mai un assouplissement des règles environnementales imposées à l’industrie automobile. Désormais, les émissions de CO₂ des voitures particulières et utilitaires légers seront évaluées sur une moyenne glissante de trois ans, de 2025 à 2027, et non plus sur la seule année 2025. Cette réforme permet aux groupes en retard sur leurs objectifs d’éviter des amendes prévues dès la fin de l’année prochaine.
L’ajustement, proposé dans le cadre d’un plan plus large de soutien à l’automobile annoncé par Ursula von der Leyen, répond aux inquiétudes de nombreux industriels européens, confrontés à la concurrence chinoise dans le domaine des véhicules électriques. Avec 458 voix pour, 101 contre et 14 abstentions, le texte a été soutenu par une large coalition rassemblant le PPE, les sociaux-démocrates et Renew Europe.
Un débat politique sur fond de compétition mondiale
Du côté des écologistes, le compromis est jugé sévèrement. Plusieurs élus ont dénoncé un recul dans les engagements climatiques de l’Union, estimant que cette mesure retarde la mise sur le marché de véhicules électriques plus abordables. À l’inverse, le Rassemblement national, via le groupe Patriotes pour l’Europe, a jugé la réforme trop timide et appelle à une suppression totale du système d’amendes jugé « idéologique ».
Enfin, si les véhicules particuliers bénéficient de cette souplesse, les poids lourds, eux, restent soumis à des règles distinctes. Aucune mesure similaire n’a encore été adoptée pour ce secteur, bien qu’il soit l’un des plus émetteurs. Une future révision pour les camions et autobus n’est pas exclue, mais aucune échéance n’a encore été fixée par Bruxelles.