Louis Sarkozy : “Je préfère mourir à 25 ans sous Auguste que vivre vieux dans notre époque de vide culturel”
Louis Sarkozy : “Je préfère mourir à 25 ans sous Auguste que vivre vieux dans notre époque de vide culturel”

Dans un entretien sans détour à l’Express, Louis Sarkozy, 28 ans, revient sur son dernier livre consacré à Napoléon et dresse un constat cinglant sur la classe politique française actuelle. À rebours du cynisme ambiant, le fils de l’ancien président affirme sa foi dans la culture, l’histoire et la littérature comme piliers de l’action publique. Et déplore que les élites d’aujourd’hui aient sacrifié l’intellect sur l’autel de la communication.

Napoléon, antidote à l’ignorance de nos dirigeants

Pour Louis Sarkozy, le contraste entre l’empereur lecteur compulsif et les dirigeants actuels est frappant : « Napoléon pouvait pleurer en lisant La Nouvelle Héloïse, nos députés ne lisent même pas Le Monde ». S’il affirme ne pas idéaliser le passé, il ne cache pas sa nostalgie d’un monde où les grands hommes étaient aussi de grands esprits. Face à un personnel politique qu’il juge globalement inculte – à gauche comme à droite – il revendique un engagement culturel profond, loin du simple storytelling.

Son ouvrage, fruit de longs mois de recherches dans les archives de la Fondation Napoléon et de Gallica, retrace les lectures de Bonaparte et leur influence sur sa pensée stratégique et politique. Une manière pour l’auteur de plaider pour une élite cultivée, capable de conjuguer action et réflexion, comme au temps des Plutarque et des Tocqueville.

Louis Sarkozy ne cache pas ses aspirations politiques, ni sa proximité avec Bruno Retailleau, mais il insiste : il veut faire de la politique en restant fidèle à ses convictions libérales, quitte à détonner dans un paysage saturé de populismes et d’opportunismes. Son modèle ? John Stuart Mill, bien plus que Javier Milei ou Donald Trump, qu’il juge vide de toute substance intellectuelle malgré leur succès.

Favorable à la réduction de la dépense publique, à la dépénalisation des drogues et à un État plus efficace, Louis Sarkozy espère incarner une droite cultivée, libérale, assumée. « Je préfère échouer dans l’action que réussir dans le commentaire », affirme-t-il. Une ambition rare, dans un pays où les idées sont souvent sacrifiées aux slogans.

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