Une décision hautement politique
Une décision hautement politique

Le gouvernement espagnol a annoncé, jeudi 24 avril, l’annulation d’un contrat d’armement de 6,8 millions d’euros conclu avec la société israélienne Guardian Defense and Homeland Security, agissant pour le compte d’IMI Systems. Ce contrat, attribué à l’automne 2024 par le ministère de l’Intérieur pour l’achat de munitions destinées à la Garde civile, avait provoqué une vive polémique au sein de la majorité. Le Parti socialiste de Pedro Sánchez et son allié de la gauche radicale, Sumar, affirment un soutien sans faille à la cause palestinienne, un engagement qu’ils estiment incompatible avec toute coopération militaire avec Israël.

Une décision hautement politique

L’affaire a pris de l’ampleur après sa révélation fin mars. La cheffe de file de Sumar, Yolanda Díaz, avait immédiatement exigé son annulation, dénonçant une « complicité avec un génocide » à Gaza. Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’Espagne affirme ne plus acheter ni vendre d’armes à des entreprises israéliennes. Le contrat signé avec IMI Systems contrevenait à cette ligne, malgré l’argument juridique du ministère de l’Intérieur selon lequel l’annulation pourrait entraîner des pénalités financières.

Face à la pression politique et médiatique, et après des semaines de tension au sein de la coalition, la présidence du gouvernement et les ministères concernés ont finalement décidé de rompre unilatéralement le contrat. « Ni six millions, ni même six milliards ne justifieraient une complicité avec des crimes de guerre », a affirmé Enrique Santiago, secrétaire général du Parti communiste espagnol et député de Sumar. Pour la gauche radicale, cette rupture est une victoire symbolique de leur ligne anti-guerre et pro-palestinienne.

Cette décision risque toutefois de tendre encore davantage les relations déjà dégradées entre l’Espagne et Israël. Madrid, qui a reconnu l’État de Palestine en 2024, entretient des rapports conflictuels avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Le revirement espagnol sur ce contrat s’inscrit dans une politique étrangère assumée : celle d’un soutien diplomatique et moral accru aux Palestiniens, y compris au prix de tensions diplomatiques avec l’État hébreu.

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