Les partisans du président tunisien Kaïs Saïed se sont rassemblés mercredi dans la capitale pour afficher leur soutien au chef de l’État, qualifiant ses opposants de « traîtres », alors que les manifestations contre son pouvoir se multiplient et mettent en lumière des divisions politiques de plus en plus marquées dans le pays.
Ces rassemblements rivaux interviennent dans un contexte de crise économique persistante, marqué par une forte inflation, des pénuries de produits de première nécessité et des services publics défaillants. Cette situation alimente la colère sociale et accentue la polarisation politique.
Des organisations de défense des droits humains accusent Kaïs Saïed d’avoir intensifié une répression sans précédent contre l’opposition, l’accusant d’instrumentaliser la justice et les forces de sécurité pour réduire au silence toute critique. Le président rejette ces accusations, affirmant agir pour débarrasser le pays de ce qu’il décrit comme des traîtres et une élite corrompue.
Dans le centre de Tunis, des manifestants brandissaient des drapeaux nationaux et scandaient des slogans en faveur de Saïed, qu’ils créditent de lutter contre la corruption et les anciennes élites politiques. Les opposants au président ont, de leur côté, été accusés de chercher à déstabiliser le pays.
La tension politique reste élevée, alors que l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), puissant syndicat, a appelé à une grève nationale le mois prochain, ajoutant une nouvelle source d’incertitude à une situation déjà fragile.