La réception officielle du président syrien par intérim, Ahmed al-Charaa, hier à l’Élysée, a suscité une vive polémique en France. Ancien chef djihadiste, al-Charaa a été accueilli avec les honneurs par Emmanuel Macron, déclenchant une avalanche de critiques de la part de la droite et de l’extrême droite françaises.
Un passé djihadiste au cœur des critiques
Né en 1982 à Riyad, Ahmed al-Charaa, également connu sous le nom d’Abou Mohammed al-Joulani, a été un acteur majeur de la mouvance djihadiste. Il a combattu au sein d’Al-Qaïda en Irak et a fondé le Front al-Nosra en Syrie, affilié à Al-Qaïda. En 2016, il a annoncé la rupture avec Al-Qaïda et a dirigé Hayat Tahrir al-Cham, un groupe islamiste qui a joué un rôle clé dans la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024. Depuis janvier 2025, il est président de la transition en Syrie.
Lors de sa première visite en Europe, al-Charaa a été reçu par Emmanuel Macron à l’Élysée. Le président français a salué son homologue syrien dans la cour d’honneur, en présence de la garde républicaine, avant une conférence de presse conjointe. Macron a exprimé son soutien à la transition politique en Syrie et a évoqué la possibilité d’une levée progressive des sanctions économiques européennes, à condition que la coalition islamiste stabilise le pays.
La droite et l’extrême droite françaises ont vivement réagi à cette rencontre. Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, a déclaré sur Europe 1 : « Emmanuel Macron mérite la destitution ». Marine Le Pen, leader du Rassemblement national, a exprimé sa « stupeur et consternation », qualifiant al-Charaa de « jihadiste passé par Daech et Al-Qaïda ». Jordan Bardella, président du RN, a dénoncé une « trahison invraisemblable de nos valeurs et de la mémoire de nos victimes ».
Une stratégie diplomatique assumée
Malgré les critiques, l’Élysée défend cette rencontre comme une démarche pragmatique visant à soutenir la transition en Syrie. Emmanuel Macron a souligné l’importance de protéger « tous les Syriens sans exception » et a insisté sur la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme pour la sécurité du peuple syrien et de la France.
Cette visite est en tous les cas un tournant dans la diplomatie française au Moyen-Orient, avec une volonté affichée de s’engager dans le processus de transition syrien, malgré les polémiques liées au passé de ses nouveaux dirigeants…