Le programme de Système de combat aérien du futur (SCAF), censé donner naissance au premier avion de combat européen de nouvelle génération, reste bloqué par un différend de gouvernance. Dassault Aviation, chargé du développement du NGF (New Generation Fighter), refuse de voir Airbus peser deux fois plus lourd dans les décisions grâce à ses filiales allemande et espagnole.
Un projet fragilisé par les tensions franco-allemandes
Si Berlin et Madrid refusent de céder du terrain, des rumeurs relayées par la presse anglo-saxonne évoquent déjà la possibilité pour l’Allemagne de chercher de nouveaux partenaires, au risque d’exclure la France. Le ministre de la Défense allemand, Boris Pistorius, a démenti toute démarche officielle, mais a laissé entendre que le sort du projet serait tranché lors d’une réunion trilatérale en octobre. Dans ce climat, certains députés allemands, comme Volker Mayer-Lay (CDU), appellent ouvertement à écarter Paris, estimant que Dassault impose ses conditions plutôt que de coopérer.
Le « coup de gueule » d’Éric Trappier
Auditionné le 24 septembre à l’Assemblée nationale, Éric Trappier, PDG de Dassault, n’a pas caché sa colère. Il a rappelé que son groupe avait l’expérience nécessaire pour concevoir seul un avion de combat, et dénoncé l’absence de réaction politique face aux menaces allemandes. « L’Allemagne veut nous exclure d’un domaine qu’on connaît », a-t-il lancé, avant de réclamer un rôle clair d’« architecte » pour Dassault. Selon lui, le Bundestag défend avant tout les intérêts industriels allemands, sans se soucier de l’efficacité opérationnelle du futur avion. « Si vous ne créez pas de rapport de force, vous n’obtenez pas de résultat », a-t-il insisté, en assumant son « coup de gueule » comme un avertissement autant qu’un cri d’alarme.
Que retenir rapidement ?
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