La facture tombe lourdement pour le Rassemblement national. Ce mardi, le Parlement européen a officiellement enclenché une procédure de recouvrement contre le parti dirigé par Jordan Bardella, réclamant la restitution de 3,5 millions d’euros. Une somme colossale correspondant à des fonds indûment perçus entre 2004 et 2016 pour rémunérer des assistants parlementaires, soupçonnés d’avoir travaillé en réalité pour le parti et non pour les eurodéputés. Selon nos confrères de BFMTV, le courrier adressé au RN est parti ce jour du cabinet d’avocats mandaté par l’institution européenne. Dans le détail, 3,25 millions d’euros doivent être restitués au titre des salaires injustifiés, auxquels s’ajoutent plus de 200 000 euros de dommages pour préjudice moral.
Une procédure accélérée après la condamnation de Marine Le Pen
Cette initiative intervient moins d’un mois après la condamnation de Marine Le Pen par le tribunal correctionnel de Paris. L’ex-candidate à la présidentielle a été jugée coupable d’avoir été au cœur d’un système de détournement de fonds publics européens, visant à financer illégalement les collaborateurs internes du RN. Elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme sous bracelet électronique, 100 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité immédiate. Pour le Parlement européen, l’affaire ne laisse plus place au doute : les sommes perçues entre 2004 et 2016 ont été utilisées à des fins partisanes nationales, et non pour le travail des députés européens dans l’hémicycle. L’heure est donc à la restitution. Alors que les élections européennes approchent, cette procédure met une pression supplémentaire sur le parti d’extrême droite, déjà fragilisé politiquement par la condamnation de sa figure de proue. Le RN, de son côté, conteste toujours le bien-fondé de ces accusations et promet de faire appel des décisions de justice. Mais pour l’heure, c’est la caisse du parti qui pourrait bien subir les premières conséquences.