ROME — Le pape Léon XIV s’est rendu jeudi à Castel Gandolfo, l’ancienne résidence d’été des papes située au sud de Rome, alimentant les spéculations sur son éventuelle réutilisation de ce domaine historique comme lieu de villégiature ou sa volonté de suivre l’exemple de son prédécesseur, le pape François, en en faisant un musée et un centre écologique.
La visite du pontife s’inscrivait dans le cadre d’un projet éducatif sur la durabilité baptisé « Borgo Laudato Si », directement inspiré de l’encyclique environnementale « Laudato Si » publiée par François en 2015. Installé dans les jardins de la propriété, surplombant le lac d’Albano, ce centre est devenu un lieu d’apprentissage autour de l’écologie intégrale.
Construite en 1624 par le pape Urbain VIII, la résidence de Castel Gandolfo s’est agrandie au fil des siècles pour atteindre une superficie de 55 hectares, soit plus que celle de l’État de la Cité du Vatican. Longtemps utilisée comme refuge contre la chaleur estivale romaine, elle a accueilli régulièrement les souverains pontifes jusqu’à Benoît XVI, qui y termina solennellement son pontificat le 28 février 2013.
Le pape François, quant à lui, n’y a jamais séjourné, préférant rester à Rome, fidèle à son style de vie simple et sédentaire. Dès 2014, il avait décidé d’ouvrir les jardins de Castel Gandolfo au public, puis de transformer une partie du palais en musée, une initiative pensée pour soutenir l’économie locale affectée par l’absence des traditionnelles prières dominicales estivales des papes.
Léon XIV, ancien missionnaire ayant exercé en grande partie au Pérou, n’a pas encore précisé s’il résidera à plein temps au Vatican ni s’il fera usage de cette résidence d’été. Sa visite pourrait marquer un simple soutien au projet écologique lancé par son prédécesseur ou le prélude à une réappropriation de ce lieu chargé d’histoire.
Le projet Borgo Laudato Si, ouvert au public, a pris en charge les activités agricoles du domaine, comprenant notamment 20 hectares de terres cultivées, des serres et des bâtiments de service. La ferme, qui alimente le Vatican en produits laitiers et légumes frais, vise à mettre en place une économie circulaire conforme à l’appel de François à une meilleure protection de la création divine.