Le présentateur star de télévision nationale russe Vladimir Soloviev a de nouveau déclenché une tempête en s’en prenant frontalement à Emmanuel Macron sur la chaîne publique Russie 1. Cette fois, il ne s’est pas contenté d’invectives : il a accusé le président français de mensonges, d’ingérence, de mépris envers son propre peuple et surtout d’avoir bénéficié de circuits occultes de financement européens et américains. Une charge d’une rare virulence, où l’animateur pro-Kremlin affirme que Macron serait « l’un des bénéficiaires » d’un vaste système de corruption et de détournement d’argent, exhortant même le chef de l’État à le poursuivre en justice s’il estime ces accusations infondées.
Soloviev s’est notamment appuyé sur une enquête du bureau anti-corruption ukrainien, le NABU, supervisé selon lui par le FBI, pour affirmer que les flux financiers détournés au profit de responsables européens auraient été volontairement « étouffés » par Bruxelles. Il accuse Macron de « voler l’avenir des Français », de « mépriser son peuple », et de fuir ses responsabilités alors que, dit-il, la Russie « emprisonne régulièrement ses propres corrompus ». Une rhétorique habituelle du pouvoir russe, mais portée ici à un niveau d’agressivité rarement atteint, où l’animateur parle même de « nullité », de « vermine », et d’« héritier de Pétain ».
Cette attaque mêlant provocation géopolitique et insultes personnelles, intervient alors que les tensions diplomatiques entre Paris et Moscou n’ont jamais été aussi fortes depuis 2022. Soloviev a reproché à Macron d’avoir dénoncé la Russie sur la scène internationale, de « confondre son camp avec celui de ses adversaires », et même de ne pas avoir de se venger de Moscou qui aurait repoussé l’influence française en Afrique. Une lecture alignée sur la propagande d’État russe, mais qui montre la volonté de Moscou de cibler directement la légitimité du chef de l’État français et non le peuple français, que le présentateur qualifie de grand peuple.
Ce n’est pas la première fois que Soloviev franchit la ligne rouge. En mars 2024, déjà, il avait traité Emmanuel Macron de « crétin », de « nazi », de « salaud », l’accusant de vouloir entraîner l’Europe dans une confrontation militaire directe avec la Russie après les propos du président français sur l’éventualité d’un déploiement occidental en Ukraine. Il l’avait alors défié en des termes glaçants, l’invitant à « choisir une ville française à rayer de la carte » et affirmant qu’il « ne valait même pas la moitié de de Gaulle ». Une escalade verbale que le Kremlin n’avait jamais condamnée, laissant clairement entendre qu’elle servait ses intérêts stratégiques.