Les ministres européens de l’Énergie ont approuvé lundi, à Luxembourg, l’interdiction d’importer du gaz naturel russe dans l’Union européenne d’ici la fin de l’année 2027. Ce vote marque une nouvelle étape dans le désengagement énergétique du continent vis-à-vis de Moscou, amorcé depuis le début de la guerre en Ukraine.
Une décision stratégique face à la dépendance persistante
La mesure, proposée dès le printemps par la Commission européenne, vise à priver le Kremlin d’une ressource économique majeure. En 2024, la Russie fournissait encore près de 19 % du gaz consommé en Europe, contre 45 % avant l’invasion de l’Ukraine en 2021. Ce recul notable ne suffit pas, selon Bruxelles, à garantir l’autonomie énergétique de l’Union. Les Vingt-Sept ont donc entériné un arrêt progressif des importations de gaz russe, qu’il soit transporté par gazoduc ou sous forme liquéfiée (GNL), d’ici au 1er janvier 2028. La présidence tournante danoise espère une adoption définitive du texte avant la fin de l’année, après négociation avec le Parlement européen.
Des tensions entre États membres
La Slovaquie et la Hongrie ont voté contre cette interdiction, estimant qu’elle menace leur sécurité énergétique. Ces deux pays, fortement dépendants des hydrocarbures russes et dépourvus d’accès direct à la mer, ont néanmoins été mis en minorité. Les autres États membres ont privilégié la cohérence du front européen face à Moscou. Pour compenser cette coupure à venir, Bruxelles mise sur la diversification des approvisionnements, notamment via la Norvège, les États-Unis et le Qatar, ainsi que sur le développement du biogaz et de l’hydrogène vert produits sur le continent.
Le Parlement européen veut aller plus vite
Certains eurodéputés jugent toutefois le calendrier trop timide. Le Parlement souhaite interdire toutes les importations de gaz russe dès le 1er janvier 2026, à l’exception de quelques dérogations temporaires. Une proposition qui fait écho au 19e paquet de sanctions en préparation, ciblant également le gaz naturel liquéfié. Cette décision illustre la transformation en cours du modèle énergétique européen : sortir de la dépendance au gaz russe pour accélérer la transition vers des sources d’énergie locales et renouvelables, dans un contexte géopolitique toujours tendu.