Khaleda Zia, première femme à avoir occupé le poste de Premier ministre du Bangladesh, est décédée mardi à l’âge de 80 ans des suites d’une longue maladie, a annoncé son parti, le Parti nationaliste du Bangladesh. Elle avait marqué durablement la vie politique du pays à partir de 1991 et incarné, pendant plusieurs décennies, l’une des figures centrales du pouvoir à Dacca.
Selon le BNP, Khaleda Zia souffrait depuis plusieurs années de graves problèmes de santé. Ses médecins ont indiqué qu’elle était atteinte d’une cirrhose avancée du foie, ainsi que d’arthrite, de diabète et de troubles cardiaques et pulmonaires, qui avaient progressivement affaibli son état général.
Arrivée au pouvoir en 1991, Khaleda Zia avait été la première femme à diriger le gouvernement bangladais, dans un pays tout juste revenu à un système démocratique après des années de régime militaire. Elle avait exercé le poste de Premier ministre à deux reprises, devenant l’un des visages les plus influents de la politique nationale.
Sa carrière a été marquée par une rivalité politique intense et durable avec Sheikh Hasina, cheffe de la Ligue Awami et autre figure dominante de la scène politique bangladaise. Cette confrontation entre les deux femmes a structuré la vie politique du pays pendant des décennies, souvent au prix de fortes tensions et de périodes d’instabilité.
Ces dernières années, Khaleda Zia s’était progressivement retirée de la vie publique en raison de son état de santé et de ses ennuis judiciaires, tout en restant une référence symbolique pour ses partisans. Des rassemblements en son honneur ont régulièrement eu lieu, notamment après les récents bouleversements politiques ayant affecté le pays.
Sa disparition marque la fin d’une époque pour le Bangladesh, tant Khaleda Zia aura incarné, aux côtés de son adversaire historique, une génération de dirigeants qui ont profondément façonné l’histoire politique contemporaine du pays.