Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a déclaré qu’il rendrait visite à Nicolas Sarkozy lors de son incarcération. Invité sur France Inter, il a affirmé : « Vous savez quoi ? J’irai le voir en prison comme garde des Sceaux », rappelant qu’il avait été « son collaborateur » et qu’il n’était « pas insensible à la détresse de l’homme ». Proche de l’ancien chef de l’État, Gérald Darmanin a tenu à souligner que cette visite s’inscrivait pleinement dans ses fonctions institutionnelles.
Une visite justifiée par le rôle du ministre de la Justice
Le garde des Sceaux a précisé qu’il souhaitait s’assurer des conditions de sécurité de l’ancien président : « Je m’inquiéterai de ses conditions de sécurité ». Il a rappelé que le ministre de la Justice dispose du droit de visiter « n’importe quelle prison et n’importe quel détenu quand il le souhaite », afin de garantir le bon fonctionnement du service public pénitentiaire. Selon lui, une telle démarche « n’a rien d’anormal ».
Darmanin a ajouté que l’incarcération d’un ancien président de la République constituait « quelque chose d’exceptionnel au sens littéral du terme », précisant qu’il comptait « organiser les choses pour que Nicolas Sarkozy soit en sécurité ». Il a également rappelé que ce dernier restait « présumé innocent », puisqu’il a fait appel de sa condamnation.
Une proximité assumée mais une indépendance réaffirmée
Le ministre a tenu à préciser que sa visite ne traduisait pas un soutien politique ou personnel à Nicolas Sarkozy, lequel continue de clamer son innocence et de dénoncer un acharnement judiciaire. « Je ne suis pas toujours d’accord avec Nicolas Sarkozy », a insisté Gérald Darmanin. Il a rappelé avoir « appelé personnellement et publiquement les magistrats qui ont été menacés » après la condamnation de l’ancien président, réaffirmant ainsi son attachement à l’indépendance de la justice.
Un souvenir personnel et une empathie exprimée
Réagissant à l’émotion suscitée par le rassemblement organisé par Louis Sarkozy, le fils de l’ancien président, avant l’incarcération de son père, le ministre a appelé à la compréhension : « Il faut comprendre l’émotion de la famille ». Gérald Darmanin a ensuite évoqué son expérience personnelle : « J’ai été voir mon père en prison. Il a fait plusieurs mois de préventive à la maison d’arrêt de Valenciennes quand j’avais 18 ans. Je sais le choc que c’est d’avoir son père au parloir. »