Le tribunal de district de Jérusalem a décidé ce samedi d’annuler les audiences prévues cette semaine dans le procès pour corruption du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, invoquant des « impératifs diplomatiques et de sécurité » classifiés. Cette décision intervient alors que Netanyahou est engagé dans des négociations sensibles avec le Hamas et l’Iran, dans un contexte régional d’extrême tension.
Le jugement précise que cette demande de report a été appuyée non seulement par le Premier ministre lui-même, mais aussi par le chef du Mossad et celui du renseignement militaire. Officiellement, il s’agit donc d’un empêchement d’État.
Cependant, cette suspension alimente déjà les soupçons d’ingérence politique. Le report survient quelques jours après un message très remarqué de Donald Trump sur Truth Social, dans lequel le président américain estimait « intolérable » la poursuite du procès, appelant à sa suspension ou même à une grâce, au nom de la stabilité régionale. Bien que le tribunal n’ait fait aucune référence directe à cette déclaration, la coïncidence est troublante.
Inculpé depuis 2019 pour corruption, fraude et abus de confiance, Netanyahou n’a cessé de dénoncer une « chasse aux sorcières » orchestrée par ses opposants politiques et certains juges. Ce nouveau développement risque de renforcer son discours de victimisation, tout en alimentant les critiques internes et internationales sur l’état de droit en Israël.
Dans un contexte où le Premier ministre cumule les rôles de chef de guerre, de négociateur diplomatique et de prévenu dans une affaire de corruption, la séparation des pouvoirs paraît chaque jour un peu plus floue. Et cette annulation pourrait renforcer l’image d’un Netanyahou devenu juridiquement intouchable, tant que la guerre lui sert de bouclier.