Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ravivé le débat sur l’accord franco-algérien de 1968 en affirmant jeudi, lors d’un déplacement dans la Manche, qu’il fallait désormais le « renégocier ». Ses propos surviennent après le vote de l’Assemblée nationale, qui a adopté à une voix près une résolution du Rassemblement national demandant la dénonciation de cet accord migratoire. Le texte, soutenu par Les Républicains et une partie d’Horizons, a plongé l’exécutif dans l’embarras.
Entre fermeté et prudence à l’Élysée
Si le Premier ministre appelle à « repartir de nos propres intérêts », Emmanuel Macron, lui, reste silencieux. L’Élysée s’en tient à la ligne de la prudence diplomatique : pas de rupture, mais une possible « renégociation exigeante ». Cette divergence marque un fossé entre le chef du gouvernement, qui prône une fermeté nouvelle envers Alger, et le président, désireux de ménager la relation bilatérale après plusieurs mois de tensions.
Bruno Retailleau, patron des Républicains, a appelé le chef de l’État à « ne pas ignorer le vote du Parlement » et à mettre fin à « la diplomatie des bons sentiments ». Pendant ce temps, la gauche dénonce un « dérapage » et une « honte nationale ». Une chose est sûre : le débat sur l’accord de 1968, symbole d’un déséquilibre migratoire historique, s’impose désormais au cœur du débat politique.