Dans une tribune publié dans Le Figaro, Gabriel Attal et l’essayiste Éric Weil plaident pour mettre un terme au cycle récurrent des crises autour des retraites en France. Selon eux, depuis plus de trente ans, chaque tentative de réforme se heurte au même scénario : tensions politiques, manifestations massives et inquiétude croissante des Français, qui voient leurs droits ajustés à la marge sans gain de lisibilité. Ils estiment qu’à force de corrections ponctuelles, le système s’est transformé en un ensemble devenu illisible pour la majorité des citoyens.
Un appel à refonder plutôt que retoucher
Attal et Weil défendent l’idée d’une refonte profonde du modèle, plutôt que de nouvelles réformes dites « paramétriques » qui ne règlent que temporairement les déséquilibres financiers. Leur proposition centrale repose sur un système universel et simplifié : chaque euro cotisé donnerait les mêmes droits, quelle que soit la profession, pour garantir équité et clarté. Ils suggèrent également un pilotage du système selon des indicateurs transparents (espérance de vie, croissance) afin d’éviter les ajustements brutaux et imprévisibles.
Les deux auteurs souhaitent également remettre en question le rôle central de l’âge légal de départ à la retraite, qu’ils considèrent comme un « totem ». Ils plaident pour davantage de liberté individuelle dans le choix de l’âge de départ, avec des incitations plutôt que des contraintes, tout en garantissant des départs anticipés pour les carrières les plus pénibles.
Autre axe : encourager la capitalisation, aujourd’hui surtout utilisée par les catégories les plus aisées et certains fonctionnaires. Attal et Weil y voient une possibilité de renforcer les pensions futures tout en orientant l’épargne des Français vers le financement des entreprises nationales.
Enfin, ils proposent de confier la gouvernance du système aux partenaires sociaux, sous réserve du respect d’une règle d’équilibre financier. Selon eux, seule une réforme d’ensemble, débattue publiquement puis légitimée par le vote, permettra de restaurer la confiance et de sortir d’un « psychodrame » devenu, écrivent-ils, un frein à la projection du pays vers l’avenir.