François Bayrou dévoile le plan pour réduire la dette: «Nous pouvons supprimer deux jours fériés en France comme le lundi de Pâques et le 8 mai »
François Bayrou dévoile le plan pour réduire la dette: «Nous pouvons supprimer deux jours fériés en France comme le lundi de Pâques et le 8 mai »

Ce mardi après-midi, François Bayrou, Haut-commissaire au Plan et président du MoDem, a présenté un ambitieux projet baptisé “Stop à la dette”, visant à stopper la progression de la dette publique française d’ici quatre ans, soit à l’horizon 2029. Un plan rigoureux, construit autour d’un principe central : stabiliser les dépenses de l’État à partir de 2026, tout en engageant des réformes structurelles dans plusieurs secteurs clés comme la santé, les retraites ou la fonction publique.

Une pause sur la dépense publique dès 2026

François Bayrou a insisté sur un point majeur : l’État ne devra pas dépenser davantage en 2026 qu’en 2025, exception faite du budget de la Défense, sanctuarisé dans le cadre des engagements liés à la Loi de programmation militaire 2024–2030, qui prévoit une hausse de 400 milliards d’euros de crédits sur 7 ans. Cette mesure vise à imposer une discipline budgétaire ferme, alors que la dette publique française avoisine désormais les 3 100 milliards d’euros, soit 112,5 % du PIB.

Réduction de la fonction publique

Dans la lignée de cette rigueur, Bayrou annonce la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires dès 2026, principalement via le non-remplacement des départs à la retraite. En parallèle, entre 1 000 et 1 500 postes supplémentaires seront supprimés à travers la fermeture ou la fusion d’agences publiques jugées “improductives”. Une mesure qui rappelle la volonté, déjà exprimée par Emmanuel Macron lors de son premier quinquennat, de rationaliser l’administration sans toucher aux “fonctions régaliennes”.

Santé : recentrage sur les affections longues et fin du remboursement à 100 %

Le secteur de la santé n’est pas épargné. Le plan prévoit une réforme des arrêts maladie, avec une nouveauté importante : le médecin généraliste ou spécialiste, et non plus le seul médecin du travail, pourra désormais juger de l’aptitude d’un salarié à reprendre son poste, sauf dans les cas de maladies professionnelles ou d’accidents du travail.

Plus controversée, une révision du remboursement à 100 % pour les affections de longue durée est également évoquée. Dès 2026, les médicaments prescrits sans lien direct avec l’affection déclarée ne seront plus intégralement remboursés, une mesure qui vise à réduire un coût estimé à près de 22 milliards d’euros par an pour l’Assurance maladie.

Gel des prestations sociales et des retraites : une “année blanche” en 2026

François Bayrou parle d’un “effort collectif” pour toutes les catégories sociales : l’année 2026 sera une année blanche, sans revalorisation des pensions de retraite, des prestations sociales ou des barèmes d’aides. Une annonce lourde de conséquences à l’heure où l’inflation, bien que modérée (prévision Banque de France : 2,1 % en 2025), continue d’éroder le pouvoir d’achat des ménages les plus fragiles.

Réforme fiscale : nouvelles contributions et fin de certaines niches

Le plan s’attaque aussi à la fiscalité, avec un discours offensif contre certaines “niches fiscales injustifiées” qui bénéficieraient aux contribuables les plus aisés. Bayrou annonce une révision du dispositif de réduction de 10 % sur les pensions de retraite (article 157 bis du CGI), très critiqué pour sa non-progressivité. Il propose en parallèle la création d’une “nouvelle contribution de solidarité” spécifiquement ciblée sur les hauts revenus, sans en préciser pour l’instant les seuils ou le barème.

Suppression de deux jours fériés : une solution pour relancer la productivité

Enfin, dans un geste symbolique et potentiellement explosif sur le plan social, Bayrou évoque la possible suppression de deux jours fériés, parmi lesquels le lundi de Pâques et le 8 mai, afin de gagner l’équivalent de 0,3 point de PIB en productivité annuelle selon une estimation souvent citée du Conseil d’analyse économique (CAE). Cette mesure rappelle la suppression du lundi de Pentecôte après la canicule de 2003, devenue ensuite “journée de solidarité”.

Une réponse à l’urgence budgétaire

Ce plan intervient alors que la Commission européenne a réactivé en juin 2024 la procédure pour déficit excessif contre la France, dont le déficit public a atteint 5,5 % du PIB en 2023, bien au-delà de la limite fixée par les traités européens (3 %). La Cour des comptes et plusieurs agences de notation ont récemment tiré la sonnette d’alarme, exigeant un calendrier crédible de réduction des déficits.

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