À Bouaké, ancienne capitale des forces rebelles ivoiriennes, les façades criblées d’impacts de balles rappellent encore les violences de la guerre civile. Mais à l’approche de l’élection présidentielle, où il brigue un troisième mandat, le président Alassane Ouattara entend faire de la ville un symbole de reconstruction et d’unité nationale.
« Bouaké est une ville de douleur passée, mais surtout de renaissance, d’unité et de fraternité renouvelée », a déclaré le chef de l’État âgé de 83 ans lors de son discours du jour de l’indépendance. Depuis une décapotable blindée noire, il a salué la foule lors d’un défilé militaire et civil organisé pour l’occasion.
La ville, épicentre de la rébellion qui avait coupé le pays en deux entre 2002 et 2011, conserve les stigmates des affrontements. Si les infrastructures ont en partie été restaurées, les tensions politiques et les inégalités économiques persistent, alimentant un climat fragile à l’heure où le pays se prépare à un nouveau scrutin.
Pour Ouattara, le choix de Bouaké comme vitrine de campagne est hautement symbolique : il s’agit de montrer que la réconciliation nationale est en marche et que les anciennes lignes de fracture peuvent être surmontées. Mais pour certains habitants, les plaies de l’ère rebelle ne sont pas encore totalement refermées, et la promesse d’unité reste à concrétiser sur le terrain.