Elon Musk claque la porte de son agence gouvernementale et tacle Trump : "J'ai été déçu. La Maison-Blanche sape notre travail."
Elon Musk claque la porte de son agence gouvernementale et tacle Trump : « J’ai été déçu. La Maison-Blanche sape notre travail. »

Le torchon brûle entre Elon Musk et Donald Trump. Le patron de Tesla et SpaceX a annoncé son retrait de la Commission pour l’efficacité gouvernementale (connue sous l’acronyme DOGE), qu’il dirigeait depuis trois mois à la demande du président américain. En cause : le nouveau projet de loi budgétaire défendu par la Maison-Blanche, qui, selon Musk, « sape le travail » de son équipe.

Dans une interview accordée à la chaîne CBS, le multimilliardaire n’a pas mâché ses mots. « J’ai été déçu de voir l’énorme projet de loi sur les dépenses, franchement, qui augmente le déficit budgétaire au lieu de le réduire, et qui sape le travail de l’équipe du DOGE », a-t-il déclaré, visiblement agacé. Avec une pointe d’ironie, il a ajouté : « Je pense qu’un projet de loi peut être grand ou beau, mais je ne sais pas s’il peut être les deux à la fois », faisant allusion au qualificatif favori de Trump pour ce texte : sa « grande et belle loi budgétaire ».

Des visions irréconciliables

Ce désaccord vient s’ajouter à une série de tensions entre les deux hommes. En avril dernier, Elon Musk s’était déjà opposé à la stratégie de guerre commerciale de l’administration Trump, en plaidant au contraire pour la création d’une zone de libre-échange transatlantique. Une sortie remarquée qui avait déjà fragilisé leur alliance.

Le projet de loi budgétaire controversé, récemment adopté à la Chambre des représentants, prévoit notamment la prolongation des crédits d’impôt massifs hérités du premier mandat de Trump. Pour en compenser le coût, les républicains ont proposé des coupes drastiques dans les dépenses sociales, notamment dans le programme Medicaid, dont dépendent plus de 70 millions d’Américains.

Mais selon les estimations du Bureau du budget du Congrès, ces mesures pourraient creuser le déficit de près de 4.000 milliards de dollars sur la prochaine décennie, un chiffre en contradiction flagrante avec les objectifs de réduction des dépenses que s’était fixée la commission DOGE.

Une sortie sur fond d’échec et de tensions

Depuis sa mise en place, la commission dirigée par Elon Musk avait entrepris un programme de coupes sévères : dissolution de plusieurs agences publiques, suppression de milliers de postes de fonctionnaires et réduction de 160 milliards de dollars dans les subventions fédérales. Un montant important, mais loin des 2.000 milliards initialement annoncés.

À l’heure où la popularité d’Elon Musk est en berne, ce qui pose des difficultés à Tesla (baisse des ventes, sites vandalisés, protestations sociales) le fondateur de SpaceX a indiqué vouloir désormais se recentrer sur ses entreprises. « L’expérience DOGE n’a pas été très amusante », avait-il confié début mai, reconnaissant implicitement l’ampleur du défi.

Initialement prévue pour durer jusqu’au 4 juillet 2026, la mission de la commission DOGE pourrait donc être écourtée plus vite que prévu…

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