Le procureur spécial sud-coréen a annoncé lundi de nouvelles inculpations à l’encontre de l’ancien président Yoon Suk Yeol, déjà poursuivi pour insurrection après sa tentative avortée d’imposer la loi martiale en 2024. Les nouveaux chefs d’accusation portent sur des faits présumés d’abus de pouvoir et d’aide à un État ennemi.
Selon le parquet, Yoon aurait cherché à provoquer un incident militaire avec la Corée du Nord afin de justifier la mise en place d’un régime d’exception. Des messages retrouvés sur le téléphone d’un haut responsable militaire évoqueraient des plans de « frappes chirurgicales » et l’utilisation de « drones » contre Pyongyang, selon la porte-parole du procureur, Park Ji-young.
Le procureur affirme que Yoon, l’ancien ministre de la Défense Kim Yong-hyun et l’ex-chef du renseignement militaire Yeo In-hyung auraient planifié une opération secrète de drones au Nord pour attiser les tensions intercoréennes. Les trois hommes ont été inculpés des mêmes chefs d’accusation.
En octobre 2024, la Corée du Nord avait accusé Séoul d’avoir envoyé des drones pour larguer des tracts hostiles au régime au-dessus de Pyongyang, publiant même des images de débris présumés d’un appareil sud-coréen. L’armée sud-coréenne avait refusé de confirmer ou de démentir l’incident.
Yoon, destitué par la Cour constitutionnelle en avril, est actuellement jugé pour insurrection. Il risque la peine de mort s’il est reconnu coupable. L’ancien président continue de nier toute intention d’instaurer un régime militaire, affirmant avoir décrété la loi martiale pour « protéger la démocratie » contre des forces « anti-étatiques ».
L’ancien ministre Kim et le général Yeo, également inculpés, comparaissent dans des procès distincts. D’après la presse locale, Yeo aurait exprimé des regrets de ne pas avoir désobéi aux ordres de Yoon, mais ses explications ont été jugées « incohérentes » par le parquet.
Cette affaire, l’une des plus graves crises politiques depuis la destitution de Park Geun-hye en 2017, continue de diviser profondément la société sud-coréenne, entre partisans d’une justice implacable et défenseurs d’un ancien chef d’État se disant victime d’un procès politique.