Au lendemain de l’annonce de la démission du maire de Chessy et de ses adjoints, relayée hier par Entrevue, la préfecture de Seine-et-Marne a opposé un refus formel à cette initiative. L’exécutif municipal avait choisi de se retirer pour ne pas avoir à célébrer le mariage d’un couple dont l’homme avait été visé par une obligation de quitter le territoire français, une union pourtant validée par la justice.
La préfecture justifie sa décision par la nécessité d’assurer la continuité du service public local et d’éviter toute perturbation du fonctionnement de la commune, à un peu plus d’un an des élections municipales. Elle invite explicitement le maire, Olivier Bourjot, et son équipe à rester en fonctions malgré leur opposition affichée.
Un bras de fer institutionnel toujours ouvert
À l’origine de l’affaire, un signalement effectué au printemps par la mairie de Chessy, qui soupçonnait un mariage frauduleux. Après enquête, le parquet de Meaux a conclu à l’absence d’irrégularité et rappelé que l’OQTF évoquée n’était plus juridiquement valable, ouvrant la voie à une ordonnance judiciaire imposant la célébration du mariage.
En réaction, les élus municipaux avaient présenté leur démission pour rester fidèles à leurs convictions, tout en conservant leur mandat de conseillers. Le refus préfectoral prolonge désormais le bras de fer entre l’exécutif local, l’autorité judiciaire et l’État.