Le 11 août 1297, le pape Boniface VIII proclame la canonisation du roi Louis IX, près de trente ans après sa mort, sous le règne de son petit-fils Philippe IV le Bel. La monarchie capétienne est alors à son apogée : la France est considérée comme le royaume le plus puissant et le plus prospère de la chrétienté. Déjà vénéré de son vivant pour sa piété et son sens de la justice, Louis IX devient officiellement « saint Louis », offrant à la dynastie capétienne un prestige religieux unique en Europe.
Un roi pieux et réformateur
Né le 25 avril 1214 à Poissy, Louis IX accède au trône à douze ans, sous la régence de sa mère Blanche de Castille qui lui transmet une foi profonde et une exigence morale rigoureuse. Animé d’un idéal chrétien, il développe une justice royale équitable, limite les abus féodaux et renforce l’autorité de l’État. Soucieux du bien commun, il réforme les lois, protège les plus démunis et impose le respect des règles morales. Bâtisseur, il fait édifier la Sainte-Chapelle pour abriter les reliques de la Passion acquises à Constantinople. À l’étranger, son arbitrage est recherché par d’autres souverains, et il participe à deux croisades pour défendre les lieux saints, malgré les échecs militaires.
De la mort à la sainteté
En 1270, lors de la huitième croisade, Louis IX meurt près de Tunis, probablement des suites d’une maladie aggravée par la chaleur et les privations. Sa réputation de sainteté, déjà largement établie, conduit le roi Philippe III à solliciter sa canonisation en 1272. Cinq ans plus tard, Boniface VIII exauce cette demande, inscrivant le souverain au rang des saints de l’Église catholique. Sa dépouille, inhumée à Saint-Denis, est partagée en reliques, et sa tête est déposée à la Sainte-Chapelle aux côtés des précieuses reliques du Christ. Depuis lors, la fête de saint Louis est célébrée chaque 25 août, en souvenir de ce roi qui incarna, aux yeux de ses contemporains, l’idéal du monarque chrétien.