L’ambiance est électrique dans la majorité. Invité mardi soir sur LCI, Gérald Darmanin n’a pas mâché ses mots envers Gabriel Attal, qu’il accuse d’avoir franchi la ligne rouge en critiquant Emmanuel Macron. L’ancien premier ministre avait déclaré la semaine dernière sur TF1 « ne plus comprendre les décisions » du président de la République. Une phrase qui a profondément choqué le ministre de la Justice : « C’est une formule difficile à entendre alors qu’il a été nommé ministre, premier ministre et chef du parti présidentiel. Ça ne grandit pas », a-t-il cinglé, se disant « choqué » par une telle prise de distance.
Un ministre fidèle contre un ex-premier ministre en rupture
Gérald Darmanin, reconduit au gouvernement mais sommé par Sébastien Lecornu de se mettre en retrait de toute activité partisane, a profité de l’occasion pour se démarquer d’un Attal désormais en rupture ouverte avec le chef de l’État. Dans une lettre adressée au secrétaire général de Renaissance, le garde des Sceaux fustige les « aventures individuelles et prématurées à la présidentielle », avertissant qu’elles ne peuvent mener « qu’à l’élimination collective ». « Je n’apprécie pas qu’on critique publiquement le président », a-t-il insisté, avant d’appeler à « tourner la page des jeux partisans qui fatiguent les Français ».
Désormais recentré sur son ministère, Gérald Darmanin veut incarner la fidélité et la loyauté dans une majorité fracturée par les ambitions de 2027 et l’instabilité politique. Un signal clair envoyé à Matignon comme à l’Élysée : il reste dans le camp Macron, pendant qu’Attal, lui, semble déjà en campagne.