Bruno Le Maire règle ses comptes avec Retailleau, la macronie et le RN
Bruno Le Maire règle ses comptes avec Retailleau, la macronie et le RN

Dans le premier épisode du nouveau podcast de François Lenglet, Pourquoi faire compliqué ?, Bruno Le Maire est revenu sur son éphémère passage au ministère des Armées au sein du gouvernement Lecornu I. Une nomination surprise, le 5 octobre dernier, qui avait déclenché une onde de choc dans la majorité et la droite. À peine quatorze heures après l’annonce, Sébastien Lecornu démissionnait, emporté par la crise politique provoquée par ce retour inattendu de l’ancien ministre de l’Économie. « Ça faisait plusieurs semaines qu’on me demandait de revenir au gouvernement, j’avais fermé la porte, je l’avais même dit publiquement », raconte Bruno Le Maire. « Mais on m’a expliqué que ce n’était pas une question de politique, mais une question de mission. La guerre est aux portes de l’Europe, les menaces russes n’ont jamais été aussi élevées… On m’a dit que j’étais la personne la plus appropriée. À la fin, j’ai dit oui, par sens de la mission. »

« J’ai sous-estimé la petitesse et la médiocrité des partis »

Celui qui a détenu le record de longévité à Bercy, de 2017 à 2024, assure avoir accepté ce poste sans calcul. « J’aime bien prendre des risques et ne pas être dans le calcul », confie-t-il. Mais la décision a rapidement viré au chaos. Bruno Le Maire reconnaît qu’il n’avait « pas réfléchi aux conséquences politiques » et qu’il n’imaginait pas provoquer une telle réaction en chaîne. Face à la colère de Bruno Retailleau et des Républicains, il dit avoir été « stupéfait » : « J’ai sous-estimé la petitesse, la médiocrité, la faiblesse des partis et de certains responsables politiques. »

L’ancien ministre fustige une classe politique incapable de dépasser les querelles partisanes. « J’ai été frappé de voir à quel point, dans notre pays, certains sont prêts à sacrifier l’intérêt national pour de petites vengeances ou des postures », déplore-t-il. Une manière à peine voilée de viser la droite parlementaire, dont le refus de soutenir le gouvernement Lecornu a précipité la crise.

Depuis, Bruno Le Maire se tient à distance de la vie politique, observant la recomposition en cours. Ni lui, ni Bruno Retailleau n’ont été intégrés au nouveau gouvernement formé après la chute du premier gouvernement de Sébastien Lecornu. Ce dernier, affaibli mais toujours en place, a échappé de peu aux deux motions de censure présentées jeudi dernier à l’Assemblée nationale. Quant à Bruno Le Maire, il conclut dans le podcast : « Je n’ai pas de regrets. Quand on agit par devoir, on dort bien. »

Que retenir rapidement ?

Dans le premier épisode du nouveau podcast de François Lenglet, Pourquoi faire compliqué ?, Bruno Le Maire est revenu sur son éphémère passage au ministère

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