Le Premier ministre François Bayrou a marqué les esprits lors du 39e dîner du Crif ce jeudi 3 juillet à Paris. Dans un discours grave et solennel, il a dénoncé « la bête délirante et meurtrière » de l’antisémitisme, en soulignant que celui-ci ne venait plus seulement de l’extrême droite, mais qu’il prenait aujourd’hui le visage « de l’islamisme radical ». Il a promis une circulaire du ministère de la Justice pour aider les parquets à mieux traquer les discours antisémites dans l’espace public.
Mélenchon et Villepin dans le viseur du Crif
Le président du Crif, Yonathan Arfi, fraîchement réélu, a lui aussi livré une charge puissante contre les responsables politiques jugés complaisants. Sans citer Éric Zemmour, il a visé directement Jean-Luc Mélenchon, qualifié de « carburant électoral de l’extrême droite », ainsi que plusieurs élus LFI accusés de « faux amis des Palestiniens ». Arfi a aussi dénoncé Dominique de Villepin, devenu selon lui un « Mélenchon des beaux quartiers », pour ses prises de parole qu’il juge dangereusement ambiguës.
Les chiffres du ministère de l’Intérieur confirment l’ampleur du phénomène : 504 actes antisémites ont été recensés entre janvier et mai 2025. Une baisse de 24 % par rapport à l’an dernier, mais une explosion de 134 % par rapport à 2023. Malgré les engagements affichés par le gouvernement, l’inquiétude ne faiblit pas dans la communauté juive, partagée entre peur et résignation.