Le dernier baromètre Le Point / Cluster17 confirme la recomposition profonde du paysage politique français. Si Jordan Bardella et Marine Le Pen conservent la tête du classement avec 37 % d’opinions favorables chacun, la véritable surprise vient du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui s’impose comme la troisième personnalité la plus populaire du pays avec 31 % d’opinions positives. Un score honorable, surtout après avoir évité de justesse la censure de son gouvernement à l’Assemblée nationale.
Le Premier ministre séduit, Macron en chute libre
Lecornu bénéficie d’un capital de confiance rare pour un chef de gouvernement en pleine tempête budgétaire. Avec seulement 46 % d’opinions défavorables, il suscite moins de rejet que la plupart de ses homologues récents. Une réussite qui contraste avec la débâcle d’Emmanuel Macron, dont la cote d’opinions favorables tombe à 15 %, soit le troisième pire score du classement derrière Laurent Wauquiez (75 % de rejet) et Anne Hidalgo (74 %). Le président, affaibli, paie le prix d’un quinquennat perçu comme technocratique, centralisé et épuisé.
Dans le camp de la droite, Bruno Retailleau cède du terrain, passant à 30 % d’opinions favorables, et quitte pour la première fois le podium depuis plus d’un an. Derrière lui, Gérald Darmanin (28 %) et Michel Barnier (31 % lors de son arrivée à Matignon en 2024) incarnent une droite d’ordre mais sans élan populaire. Côté centristes, Gabriel Attal et Édouard Philippe dévissent à 23 % et 22 %, payant leur distance affichée vis-à-vis du président.
Raphaël Glucksmann et François Ruffin (27 % chacun) dominent la gauche modérée et populiste, loin devant Jean-Luc Mélenchon, dont la cote de 63 % de rejet reste stable. Quant à François Hollande, il grimpe encore dans le palmarès de l’impopularité (67 % de rejet), preuve que son retour médiatique agace plus qu’il ne séduit.
Ce baromètre consacre une France en quête de figures neuves mais lucides. Lecornu apparaît pour l’instant comme un Premier ministre de transition crédible, Bardella et Le Pen restent les seuls à polariser positivement une majorité de Français, tandis que Macron, lui, semble déjà entré dans l’après-pouvoir.