Trois morts, plusieurs blessés graves : l’attaque au couteau survenue jeudi devant une synagogue de Manchester, en plein Yom Kippour, a provoqué un électrochoc bien au-delà du Royaume-Uni. L’assaillant, qui figure parmi les victimes, s’en est pris aux fidèles réunis dans le quartier de Crumpsall, au nord de l’agglomération. La police britannique a rapidement qualifié l’attentat d’acte terroriste. En France, le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a immédiatement réagi. Dans un télégramme adressé aux préfets, il a demandé de renforcer la sécurité des lieux fréquentés par la communauté juive. Synagogues, écoles, commerces et centres culturels doivent désormais bénéficier d’une présence visible et renforcée des forces de l’ordre. Le dispositif Sentinelle, les polices municipales et la sécurité privée sont appelés en renfort. Retailleau a rappelé que les célébrations du mois de Tichri, qui s’achèveront le 15 octobre, constituent une période de forte vulnérabilité.
Paris sous haute vigilance
À Paris, le préfet de police Laurent Nuñez a relayé la consigne, ciblant notamment les sites symboliques : ambassade d’Israël, grande synagogue de la capitale, consistoire, Mémorial de la Shoah et centre européen du judaïsme. Une vigilance accrue est exigée autour de ces lieux emblématiques, considérés comme des cibles potentielles. Cette nouvelle alerte sécuritaire survient dans un contexte international tendu, où les actes antisémites et les menaces visant les communautés juives connaissent une recrudescence. Les autorités françaises entendent éviter tout effet de contagion et prévenir le moindre passage à l’acte. La tragédie de Manchester rappelle brutalement que les lieux de culte restent des cibles privilégiées pour les attaques terroristes. En France, la mobilisation s’annonce maximale jusqu’à la fin des fêtes religieuses d’automne.