La Ville de Paris se dit prête à intervenir dans le dossier du Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV). Lors du Conseil de Paris, mardi 16 décembre, la maire socialiste Anne Hidalgo a annoncé que la municipalité se mettrait « en position d’acquérir le bâtiment » si les murs venaient à être mis en vente. Une prise de position qui intervient dans un contexte tendu pour l’emblématique grand magasin du Marais, fragilisé ces derniers mois par l’arrivée de l’enseigne de fast fashion Shein et par les inquiétudes croissantes autour de l’emploi et de l’avenir du site.
Un projet mêlant commerces et logements
Selon Anne Hidalgo, l’objectif de la Ville serait de transformer le BHV en un « beau lieu mixte », combinant activités commerciales, logements abordables, accession à la propriété et logements sociaux. « La Ville veut se donner les moyens d’agir préventivement », a insisté l’édile, évoquant un projet d’envergure répondant à la fois aux besoins économiques et sociaux du centre de Paris. L’exécutif municipal souhaite ainsi anticiper une éventuelle vacance du bâtiment et éviter une déstabilisation durable du quartier.
Cette annonce a immédiatement suscité des réactions politiques. Dans l’opposition, plusieurs élus dénoncent une opération coûteuse, estimée entre 300 et 400 millions d’euros, alors que la capitale affiche une dette élevée. D’autres y voient un projet idéologique au détriment de l’identité commerciale du BHV. À l’inverse, la majorité municipale défend une stratégie de long terme visant à préserver l’attractivité du centre de Paris tout en développant une offre de logements.
Le calendrier reste incertain. Une promesse de vente accordée au patron du BHV, Frédéric Merlin, doit arriver à échéance le 19 décembre. D’ici là, la Ville affirme rester en veille, prête à intervenir si l’avenir du bâtiment historique venait à se jouer dans les prochaines semaines.