Alsace-Moselle : l’hypothèse d’une remise en cause des jours fériés régionaux provoque la colère des élus
Alsace-Moselle : l’hypothèse d’une remise en cause des jours fériés régionaux provoque la colère des élus

La polémique est née d’une simple phrase glissée dans un document d’orientation gouvernemental adressé aux partenaires sociaux le 10 août. Le texte, préparant la suppression de deux jours fériés nationaux voulue par François Bayrou, mentionnait que « les éventuelles spécificités à prévoir pour l’Alsace, la Moselle et Saint-Pierre-et-Miquelon (…) pourront être discutées ». Une formulation qui a immédiatement fait bondir les élus alsaciens et mosellans, inquiets pour deux dates emblématiques : le Vendredi Saint et le 26 décembre, jours fériés locaux hérités de l’histoire et toujours en vigueur. Dans ces départements, où ces congés supplémentaires sont considérés comme un acquis historique lié à la proximité culturelle et religieuse avec l’Allemagne, le message a été perçu comme une menace directe. La députée Renaissance du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, a aussitôt contacté le Premier ministre. Celui-ci l’a assurée qu’« il parlait de jours fériés nationaux » et « n’a rien envisagé » concernant cette spécificité régionale. François Bayrou, par l’intermédiaire de ses proches, affirme n’avoir « jamais » eu l’intention d’y toucher, rappelant que son directeur de cabinet a été directeur général des services de la région Grand Est.

Un acquis jugé intouchable

Pour les élus locaux, le mal est pourtant fait. La simple évocation de possibles discussions alimente la méfiance. « C’est le fruit de notre histoire et de notre proximité avec l’Allemagne », insiste Brigitte Klinkert, soulignant que ces deux jours sont également fériés outre-Rhin. « Y toucher serait une ligne rouge », prévient-elle. Le maire LR de Colmar, Éric Straumann, juge l’hypothèse « totalement folle » et s’interroge sur la vigilance de François Bayrou sur ce dossier. L’ancien ministre Patrick Hetzel (LR, Bas-Rhin) parle, lui, d’un « manque de considération » pour les particularismes régionaux. Même inquiétude chez Murielle Fabre, vice-présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, qui y voit « un pavé dans la mare » jeté sans réelle connaissance du droit local. Malgré le démenti de Matignon, la crispation demeure. Les élus alsaciens et mosellans entendent rester mobilisés pour préserver ce qu’ils considèrent comme une part essentielle de leur identité.

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