L’Assemblée nationale connaît parfois des débats houleux, mais rarement d’une telle violence verbale. Ce jeudi 30 octobre, le député LFI du Rhône, Abdelkader Lahmar, a franchi une nouvelle ligne rouge en traitant sa collègue Hanane Mansouri, députée UDR de l’Isère, de « caution » en pleine séance. Un mot prononcé alors que la députée montait à la tribune pour défendre une proposition de loi visant à rétablir le délit de séjour irrégulier. Dans l’hémicycle, la stupeur a été immédiate : de nombreux élus ont dénoncé une attaque raciste visant les origines de la députée.
Les réactions se sont multipliées. Manon Bouquin, élue UDR, a dénoncé sur X « une attaque abjecte et raciste », tandis que plusieurs parlementaires ont exigé des sanctions. Selon eux, cette insulte n’est pas anodine : elle traduit le sectarisme idéologique et le racisme latent d’une partie de l’extrême gauche, prête à disqualifier toute voix issue de la diversité qui s’écarte du dogme gauchiste.
Un parcours déjà entaché par les polémiques
Abdelkader Lahmar, élu en 2024 dans la 7ᵉ circonscription du Rhône, n’en est pas à sa première controverse. Dès son arrivée à l’Assemblée, son comportement interroge. En août 2024, il est épinglé pour avoir tenté d’échapper à une amende de stationnement en brandissant sa carte de député au commissariat de Caluire-et-Cuire. Selon les policiers présents, Lahmar aurait cherché à user de son statut pour éviter une sanction, suscitant l’indignation des syndicats de police et de ses adversaires politiques.
Quelques mois plus tard, en mai 2025, il est accusé d’alimenter un climat anti-flic à Rillieux-la-Pape, où des cocktails Molotov sont lancés contre le commissariat. Le maire de la ville, Alexandre Vincendet (Horizons), l’accuse alors d’attiser la haine contre les forces de l’ordre en dénonçant un prétendu « harcèlement policier » sur les jeunes de banlieue. Le député LFI, fidèle à sa rhétorique, parle d’« abus d’autorité » et de « multiverbalisations », des propos que l’élu local juge « inadmissibles ».
Des propos indignes sur les harkis
Mais c’est sans doute en commission de la Défense, ce mecredi 29 octobre, que le député franchit une nouvelle limite morale. En pleine discussion, Abdelkader Lahmar déclare que le mot « harki » signifie « traître », reprenant mot pour mot le vocabulaire du FLN. Une insulte envers ces milliers d’Algériens qui ont combattu pour la France pendant la guerre d’Algérie. L’émotion est forte : plusieurs députés dénoncent une « insulte à la mémoire des héros français ».
Le député Thibaut Monnier (Identité-Libertés-RN) s’indigne sur X : « Le député de la France islamiste Lahmar emploie le même vocabulaire que le FLN et insulte la mémoire des harkis. » Ces propos, jugés « révisionnistes », posent un grave problème de loyauté nationale pour un élu de la République française.
Un discours de haine et de division
Ce jeudi, au lendemain de ses attaques contre les harkis, alors que la proposition du député RN Guillaume Bigot visant à dénoncer les accords franco-algériens de 1968 est adoptée d’une courte majorité (185 voix contre 184), Lahmar s’en prend à la droite et au Rassemblement national. Sur LCP, il dénonce un « retour de l’OAS à l’Assemblée nationale », accusant les partisans du texte d’être « racistes et haineux ». Des propos d’une violence inédite qui achèvent de fracturer un peu plus le débat parlementaire.
Derrière le masque du militant « antiraciste », Lahmar apparaît de plus en plus comme un agitateur, prompt à diaboliser ses opposants et à victimiser les délinquants. Entre ses attaques contre la police, son mépris pour les harkis, et désormais ses propos racistes envers une collègue d’origine marocaine, le député insoumis incarne une dérive inquiétante : celle d’une gauche radicale qui confond lutte sociale et haine de la France.
De nombreux élus réclament désormais des sanctions exemplaires. Abdelkader Lahmar, censé représenter la Nation, en a oublié l’essentiel : servir la France, et non l’insulter.