Seine-Maritime : l’aide aux licences sportives divisée par deux
Seine-Maritime : l’aide aux licences sportives divisée par deux

À quelques mois de la rentrée sportive, la décision passe mal. En Seine-Maritime, la réduction de moitié du Pass’Jeunes 76, dispositif d’aide au financement des licences sportives, inquiète et révolte les clubs locaux qui montent au filet. Les associations alertent : sans ce coup de pouce, des enfants risquent de quitter les terrains.

Moins d’aide, plus d’abandons ?

Le montant de l’aide tombe brutalement : 60 euros deviennent 30 pour une première licence, 40 deviennent 20 pour un renouvellement. Une coupe discrètement actée fin avril, en commission, sans annonce publique ni consultation des clubs, selon les associations. À Elbeuf, Arlen Richard-Piedeleu, président du club omnisports Core, tire la sonnette d’alarme. Pour lui, la baisse est non seulement injustifiée, mais dangereuse : « Sans cette aide, des familles arrêtent. On a déjà perdu les 50 euros des Bons temps libre de la CAF. Le cumul permettait à des enfants de pratiquer. » L’an dernier, 22 000 jeunes avaient bénéficié du Pass’Jeunes 76. En guise de riposte, une lettre ouverte a été adressée au président du Département, signée par une cinquantaine de responsables associatifs. Objectif : faire annuler une mesure jugée précipitée, injuste, et contre-productive sur le plan de la santé publique.

Pour le Département, un rééquilibrage nécessaire

La vice-présidente en charge des Sports, Séverine Gest, assume la décision. Elle évoque un contexte budgétaire tendu, un besoin de répartition plus équitable et un effet d’aubaine chez certains clubs qui, selon elle, auraient profité du cumul d’aides pour gonfler les tarifs ou couvrir des frais annexes. Elle dit vouloir faire bénéficier davantage de familles, quitte à baisser le montant unitaire de l’aide. Un raisonnement qui ne convainc pas les clubs, en première ligne face aux abandons massifs qu’ils redoutent à la rentrée. La mobilisation pourrait s’intensifier dans les prochaines semaines. À Elbeuf comme ailleurs, la crainte est la même : voir le sport devenir un luxe.

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