Le procès sur la mort de Diego Maradona s’ouvre ce mardi en Argentine, plus de quatre ans après le décès du légendaire footballeur. Sept membres de son équipe médicale sont poursuivis pour « homicide avec dol éventuel », une qualification qui implique qu’ils auraient pu anticiper un risque mortel en raison de leur négligence présumée. Le tribunal de San Isidro, en périphérie de Buenos Aires, entendra plus d’une centaine de témoins au cours d’un procès qui pourrait durer jusqu’à six mois.
L’enquête a révélé de graves manquements dans la prise en charge de Maradona, décédé d’une insuffisance cardiaque en novembre 2020, quelques jours après une opération cérébrale. Un rapport médical de 2021 a conclu que l’équipe soignante avait agi de manière « inappropriée, insuffisante et imprudente », estimant que le joueur avait été laissé « à l’abandon ». La défense rejette ces accusations, mettant en avant l’état de santé critique de l’ancien champion du monde, affaibli par des années d’addictions.
Le procès suscite une intense émotion en Argentine, où Maradona reste une icône vénérée. Sa fille aînée, Dalma Maradona, a dénoncé des soins médicaux désastreux et réclame justice. « Ils n’ont pas fait leur travail », a-t-elle déclaré, exigeant que les responsables « paient les conséquences de leurs erreurs ». Son ancien agent, Sebastián Sanchi, estime que l’issue du procès permettra enfin de déterminer les responsabilités dans cette affaire.
Une contre-expertise menée en 2024 par un médecin légiste de San Isidro a cependant remis en question les conclusions initiales, suggérant que Maradona serait mort en quelques minutes d’une crise cardiaque, sans que l’équipe médicale ait pu intervenir. Les avocats de la défense s’appuient sur ces nouvelles analyses pour contester la responsabilité de leurs clients, dénonçant un procès médiatique aux enjeux disproportionnés.
Malgré ces éléments, le parquet maintient sa ligne d’accusation et estime que les preuves contre les accusés restent solides. Si la culpabilité des médecins est reconnue, ils risquent des peines allant jusqu’à 25 ans de prison. Ce procès tentera d’apporter des réponses aux nombreuses zones d’ombre qui entourent la disparition tragique du « Pibe de Oro ».