Iniesta livre
Iniesta livre

70% de mental, 30% de physique pour devenir un grand joueur de football. C’est ce que certains champions osent dire clairement. À l’occasion de la sortie de son livre « Le mental joue aussi », l’ex-star du football mondial Andrés Iniesta s’est confié à El Pais.

Au menu de cette interview, tout un passage sur la dépression, ses périodes de doute, ses périodes de crise. Des soucis mentaux qu’il a connu dés son arrivée, à l’âge de 12 ans, à Barcelone. À 500 kilomètres du petit village dont il est originaire.

Le champion du monde 2010 a désormais le recul pour identifier ses maux. À 40 ans, et après 6 ans passés à jouer au Japon, Andrès Iniesta estime que « sportivement, ça n’aurait pas pu mieux se dérouler ». Mais mentalement, il a sans cesse tenté de cacher ses problèmes. À partir de l’âge de 24 ans, il a compris que sa santé mentale était quelque chose à gérer, à calmer, à étudier. Dans un milieu où tout cela reste tabou.

« Un aveu de faiblesse »

« Il y a encore du chemin à parcourir, c’est encore difficile de dire que l’on ne se sent pas bien« , confie-t-il, « le football est ma passion, là où j’ai été heureux. Ce sport a consolé la douleur intérieure que j’avais, que je ne laissais pas sortir ou que j’essayais de dissimuler. Ces deux mondes ont coexisté et le football a gagné, jusqu’à ce que la situation s’inverse au fil du temps ».

Ce livre semble une sorte de séance chez le psychologue, avec un effet cathartique, pour ce génie du football. Andrès Iniesta parle par exemple d’un moment très compliqué à gérer, à l’été 2009, après le décès à 26 ans d’un arrêt cardiaque de son ami Dani Jarque, joueur de l’Espanyol Barcelone.

Accompagner le sportif à travers son mental devrait être obligatoire au plus haut niveau. Certains coachs de l’ancienne école se montrent encore récalcitrants à s’adjoindre les services d’un préparateur mental. « Il y a encore du chemin à parcourir, c’est encore difficile de dire que l’on ne se sent pas bien« , analyse Andrès Iniesta, « cela reste perçu comme un aveu de faiblesse. » 

Pour autant, Andrès Iniesta n’a pas envie de resté éloigné du monde du football. Quelle reconversion ? Jeune retraité, il souhaite « devenir entraîneur un jour » : « il est encore temps. J’en suis encore aux prémices. Mais oui, j’aime ça !« .

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