We Love Green repris par Matthieu Pigasse pour éviter la disparition des festivals
We Love Green repris par Matthieu Pigasse pour éviter la disparition des festivals

Le rachat du festival éco-responsable par le Groupe Combat et AEG Presents vise à préserver son identité tout en ouvrant une nouvelle phase de développement, en particulier à l’international.

Une opération stratégique pour le futur du festival

Le festival We Love Green, rendez-vous incontournable de la scène musicale et environnementale française, change de mains. Matthieu Pigasse, via son Groupe Combat, et le producteur de spectacles AEG Presents, ont pris le contrôle de 80 % du capital de l’événement, laissant les 20 % restants à ses fondateurs historiques, Marie Sabot et Emmanuel de Buretel, avec une possibilité de rachat différée. L’opération a été rendue publique le 23 juillet, et s’inscrit dans une volonté de renforcer la présence internationale du festival tout en garantissant sa ligne éditoriale et son engagement écologique.

« Ce que nous cherchons, c’est éviter la disparition des festivals, en les soutenant dans leur diversité et leur singularité », a déclaré Matthieu Pigasse à l’AFP, soulignant son souhait de ne pas dénaturer We Love Green malgré cette montée en puissance financière. Le festival, qui attire environ 120 000 personnes chaque année au bois de Vincennes, a toujours mis en avant une programmation éclectique et engagée — de Charli XCX à Clara Luciani, en passant par PNL ou Rosalía lors des éditions précédentes.

Un rachat qui s’inscrit dans une offensive plus large du Groupe Combat

Déjà propriétaire de Rock en Seine (également co-exploité avec AEG Presents), Matthieu Pigasse continue sa percée dans le secteur des musiques actuelles. Depuis 2024, il a aussi investi dans La Route du Rock à Saint-Malo et a co-lancé Golden Coast, premier festival de rap à Dijon. Cette stratégie, selon ses mots, vise à soutenir « des formats culturels qui façonnent l’avenir » (déclaration recueillie par Le Figaro, seul média à avoir publié cette interview).

Du côté des partenaires, AEG Presents, filiale du géant américain du spectacle vivant, renforce également sa position en France. Déjà présent à l’Accor Arena, à l’Adidas Arena et coproducteur des tournées de stars comme Taylor Swift ou Tyler The Creator, le groupe voit dans We Love Green un événement « premium et durable », comme l’a expliqué Jim King, PDG des festivals européens d’AEG, cité par Le Figaro, qui a obtenu ces propos en exclusivité.

La direction du festival, elle, se dit confiante. Marie Sabot, citée par Le Figaro, assure que ce partenariat permettra de « faire rayonner les valeurs du festival avec des partenaires partageant [leur] vision ». Le rachat n’aura pas d’impact sur les engagements écologiques du festival, ni sur sa programmation, promet-elle.

Alors que près de 44 % des festivals ayant affiché complet en 2024 ont tout de même terminé l’exercice déficitaire, selon le Centre national de la musique, cette prise de participation apparaît comme une bouée de sauvetage pour un modèle économique mis à mal. Le pari de Pigasse et d’AEG : faire entrer We Love Green dans une nouvelle dimension sans trahir l’esprit qui a bâti son succès.

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