À quelques jours de son lancement, Rock en Seine affiche encore des places disponibles malgré une édition marquée par une programmation ambitieuse et une polémique politique.
Des têtes d’affiche attendues et une billetterie encore ouverte
Du 20 au 24 août, le parc de Saint-Cloud accueillera la 22e édition de Rock en Seine, l’un des festivals majeurs de la scène musicale française. Cette année, l’événement mise sur une programmation internationale éclatante, mêlant figures émergentes et groupes confirmés. La chanteuse pop américaine Chappell Roan ouvrira les festivités mercredi, suivie notamment par London Grammar, Kid Cudi (en remplacement d’ASAP Rocky), Jorja Smith, Doechii ou encore Queens of the Stone Age, très attendus pour leur retour après onze ans d’absence.
Malgré ce programme dense, des billets restent disponibles. Tous les pass journaliers sont encore en vente, selon les informations relayées par Le Parisien le 18 août. Seules les formules à tarif réduit – destinées aux étudiants, jeunes ou demandeurs d’emploi – sont désormais épuisées pour l’ensemble des journées. Le tarif standard varie de 84 à 94 euros, avec des forfaits deux jours à 145 euros et quatre jours à 219 euros.
Les organisateurs anticipent une forte affluence, avec jusqu’à 40 000 spectateurs attendus chaque jour. Les journées de mercredi (Chappell Roan, London Grammar) et dimanche (Queens of the Stone Age, Last Train) figurent parmi les plus prisées. À l’heure actuelle, aucune journée n’est annoncée comme complète.
La venue du groupe Kneecap sous surveillance après des pressions politiques
L’édition 2025 est également marquée par une controverse politique autour du groupe nord-irlandais Kneecap, programmé pour la journée de clôture, dimanche 24 août. Connu pour ses positions pro-palestiniennes, le trio de rappeurs en gaélique a été visé par plusieurs critiques, notamment de la députée Renaissance Caroline Yadan, qui a demandé leur interdiction. Dans un courrier daté du 14 août, révélé par Libération, le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a assuré qu’un suivi strict serait assuré, et que tout débordement donnerait lieu à des poursuites judiciaires.
Le groupe Kneecap est notamment accusé par ses détracteurs de relayer des messages considérés comme favorables au Hezbollah, et de faire l’apologie du terrorisme, accusations que ses membres contestent fermement. Le Figaro rappelle que le préfet des Ardennes avait exigé, avant leur concert au Cabaret Vert le 17 août, une lettre d’engagement de bonne conduite, après des interventions de l’Observatoire Juif de France.
Malgré ces pressions, les organisateurs de Rock en Seine ont confirmé leur venue, invoquant la liberté d’expression artistique. La ville de Saint-Cloud a toutefois décidé de retirer sa subvention de 40 000 euros en signe de protestation.
Dans ce contexte tendu, la performance de Kneecap devrait être particulièrement surveillée. Mais elle ne devrait pas occulter la richesse de cette édition 2025, marquée par une programmation éclectique et un ancrage fort dans l’actualité culturelle et sociale.