Decathlon : vitrine éthique, coulisses cyniques Derrière les rayons bien rangés, les sourires des vendeurs et les slogans engageants, la machine Decathlon tourne à plein régime. Et pas seulement pour fournir des shorts de running ou des tentes Quechua. Avec ses 100 000 salariés à travers le monde, dont 23 000 en France, l’enseigne du groupe Mulliez s’est taillée une image d’entreprise vertueuse, soucieuse du climat, de la cohésion sociale et du bien-être de ses collaborateurs. Mais ce vernis ne résiste pas à l’examen approfondi que viennent de mener huit chercheurs en sociologie et en science politique. Durant quatre ans, ils ont enquêté dans les coulisses de cette multinationale, en France, au Mexique, en Tunisie, au Sénégal et en Espagne. Leurs conclusions, rassemblées dans une monographie à paraître le 14 mai, dessinent une autre réalité, beaucoup plus rugueuse. Derrière le storytelling, l’exploitation mondialisée Éthique sur l’étiquette, mais austérité dans les pratiques. Le géant du sport, qui se revendique « entreprise citoyenne » et « acteur du bien commun », ne se prive pourtant ni de dividendes massifs (1 milliard d’euros versés à ses actionnaires l’an dernier), ni de sous-traitants aux pratiques douteuses. Des salaires de misère au Bangladesh, du travail forcé en Chine, une précarité généralisée dans les entrepôts et une pression constante sur les employés. Même la mort accidentelle d’un intérimaire à Paris n’a pas suffi à fissurer la rhétorique bien huilée de la responsabilité sociétale. Ce que démontre l’ouvrage, c’est la façon dont Decathlon orchestre sa communication pour faire oublier les fondations d’un capitalisme d’autant plus brutal qu’il s’enveloppe dans les langes de la vertu. Un management ultra-cohésif, des valeurs imposées comme des dogmes, et un idéal collectif qui masque mal l’obsession de la rentabilité. À fond la forme, certes. Mais peut-être trop à fond sur le profit.
Decathlon : vitrine éthique, coulisses cyniques Derrière les rayons bien rangés, les sourires des vendeurs et les slogans engageants, la machine Decathlon tourne à plein régime. Et pas seulement pour fournir des shorts de running ou des tentes Quechua. Avec ses 100 000 salariés à travers le monde, dont 23 000 en France, l’enseigne du groupe Mulliez s’est taillée une image d’entreprise vertueuse, soucieuse du climat, de la cohésion sociale et du bien-être de ses collaborateurs. Mais ce vernis ne résiste pas à l’examen approfondi que viennent de mener huit chercheurs en sociologie et en science politique. Durant quatre ans, ils ont enquêté dans les coulisses de cette multinationale, en France, au Mexique, en Tunisie, au Sénégal et en Espagne. Leurs conclusions, rassemblées dans une monographie à paraître le 14 mai, dessinent une autre réalité, beaucoup plus rugueuse. Derrière le storytelling, l’exploitation mondialisée Éthique sur l’étiquette, mais austérité dans les pratiques. Le géant du sport, qui se revendique « entreprise citoyenne » et « acteur du bien commun », ne se prive pourtant ni de dividendes massifs (1 milliard d’euros versés à ses actionnaires l’an dernier), ni de sous-traitants aux pratiques douteuses. Des salaires de misère au Bangladesh, du travail forcé en Chine, une précarité généralisée dans les entrepôts et une pression constante sur les employés. Même la mort accidentelle d’un intérimaire à Paris n’a pas suffi à fissurer la rhétorique bien huilée de la responsabilité sociétale. Ce que démontre l’ouvrage, c’est la façon dont Decathlon orchestre sa communication pour faire oublier les fondations d’un capitalisme d’autant plus brutal qu’il s’enveloppe dans les langes de la vertu. Un management ultra-cohésif, des valeurs imposées comme des dogmes, et un idéal collectif qui masque mal l’obsession de la rentabilité. À fond la forme, certes. Mais peut-être trop à fond sur le profit.

La nuit dernière, une scène d’une brutalité choquante s’est déroulée à Paris, au cœur du réseau souterrain de la capitale. Alors qu’elles s’apprêtaient à clôturer leur service à la station Châtelet, deux agentes de la RATP ont été violemment agressées. L’une d’elles, enceinte de trois mois, a reçu des coups ciblés au ventre et à la tête. Selon les premiers éléments recueillis par nos confrères du Parisien, l’agresseur aurait surgi sans sommation avant de frapper les deux employées dans un geste aussi soudain qu’injustifiable. 

Un homme s’attaque aux agentes sans motif apparent

Tandis que l’une était frappée à la nuque, sa collègue, enceinte, recevait un coup de pied dans l’abdomen, suivi d’un second à la tête. Les deux femmes ont été rapidement évacuées vers un hôpital. Leurs jours ne seraient pas en danger, mais le traumatisme, lui, est bien réel. L’auteur des coups a été appréhendé dans la foulée par les agents de sécurité de la RATP. Une plainte a été déposée. L’entreprise a réagi avec fermeté, condamnant un acte qu’elle qualifie d’« inacceptable » et rappelant que ce type d’agression peut entraîner jusqu’à dix ans de prison. Derrière l’indignation officielle, c’est la vulnérabilité des agents de terrain qui revient crûment dans le débat.

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