Le décès de Nadège Klopcic, retrouvée sans vie mardi 11 novembre près d’une voie ferrée entre Carnoules et Puget-Ville, continue de poser de nombreuses questions. La mère de famille de 46 ans avait disparu deux jours plus tôt après un incident routier banal, un pneu crevé survenu alors qu’elle voyageait avec son compagnon et leur fils. Depuis, le scénario de ses dernières heures demeure difficile à retracer. Selon les premiers éléments transmis au parquet de Draguignan, le médecin légiste privilégie pour l’instant une thèse accidentelle. Une orientation prudente, car aucune trace de violence n’a été relevée sur le corps et aucun polytraumatisme n’a été constaté, ce qui exclut l’impact d’un train malgré la proximité des rails. La cause exacte du décès reste pour l’heure inconnue, conduisant les autorités à requalifier l’enquête en « recherche des causes de la mort ».
Les derniers instants de Nadège, un enchaînement incohérent pour les proches
Dimanche, après la crevaison, la dépanneuse arrivée sur place n’avait pu embarquer toute la famille, son habitacle étant limité à trois sièges. Le compagnon de Nadège était donc reparti avec leur fils pour rejoindre une gare et rentrer en train, tandis qu’elle appelait une amie, Faouzia, pour venir la récupérer. Quelques minutes plus tard pourtant, elle changeait d’avis, assurant qu’elle prendrait finalement le train. Cette volte-face est le premier point d’ombre. Sur BFM Toulon Var, Faouzia raconte avoir tenté de rappeler Nadège « immédiatement après », sans obtenir de réponse. Déjà engagée sur la route, elle a poursuivi son trajet jusqu’au lieu de rendez-vous, mais n’y a trouvé personne. Pendant ce temps, le compagnon de la disparue imaginait que Nadège se trouvait déjà avec son amie. Aucun des deux ne parvient à expliquer pourquoi la quadragénaire n’a pas rejoint la route prévue, ni ce qui a pu la conduire vers la zone ferroviaire où son corps a finalement été retrouvé.
Une scène sans traces de lutte mais un environnement troublant
Le procureur adjoint de Draguignan, Guy Bouchet, confirme que la victime ne présente pas de signes de violence ni de blessures compatibles avec un choc ferroviaire. La découverte du corps près des rails aurait pu orienter les enquêteurs vers un accident impliquant un train, mais les constatations médico-légales écartent largement cette possibilité. Le médecin légiste évoque des éléments « concordants » avec un décès accidentel, sans pouvoir en préciser la nature. Cette absence d’indications claires renforce le sentiment d’incompréhension ressenti par les proches. Aucun témoin n’a signalé la présence de Nadège dans les heures précédant la découverte, aucun objet ou indice notable n’a été trouvé pour expliquer son déplacement ou une éventuelle perte de repères. Les enquêteurs doivent désormais reconstituer minutieusement son itinéraire et analyser les données téléphoniques pour comprendre ce qui s’est passé entre son dernier appel et sa disparition.
Une enquête encore fragile qui devra lever de nombreuses zones d’ombre
Le parquet insiste sur la prudence qui entoure ce dossier, car si la piste accidentelle domine pour l’instant, elle repose sur un faisceau d’indices encore incomplet. Les analyses toxicologiques, les examens complémentaires et le recoupement des témoignages seront déterminants pour comprendre si Nadège a été victime d’un malaise, d’une mauvaise orientation ou d’un concours de circonstances exceptionnel. Dans l’attente de ces résultats, la famille reste confrontée à une situation aussi tragique qu’opaque. Le compagnon de la victime, tout comme ses amis, peine à comprendre comment une simple panne de voiture a pu mener à un drame encore inexplicable.