À Plounévez-Lochrist, commune discrète du Finistère nord, les élus ont reçu un héritage aussi inattendu qu’émouvant. Deux ans après le décès de Marie-Pierre Tual, une ancienne vacancière attachée à ce bout de terre bretonne, la municipalité vient officiellement d’entrer en possession d’un legs de 750 000 euros. Une somme colossale pour cette commune de 2 300 habitants, assortie d’un vœu clair : préserver le patrimoine local et améliorer la vie des personnes âgées. Marie-Pierre Tual, décédée en juillet 2022 à l’âge de 59 ans dans les Hauts-de-Seine, n’avait ni conjoint ni enfants. Assistante de direction dans une entreprise de l’Essonne, elle revenait chaque été dans la maison familiale de Plounévez-Lochrist, où ses grands-parents – la famille Phélèp – avaient vécu. Elle y entretenait des liens amicaux, participait aux fêtes de quartier, et y retrouvait un ancrage affectif profond. En octobre 2022, la mairie découvre qu’elle est la bénéficiaire désignée de son testament, rédigé auprès d’un notaire francilien.
Un projet de résidence seniors et la restauration d’un lavoir
Il aura fallu attendre juin 2025 pour que la procédure soit finalisée. Le legs, constitué de produits d’épargne, s’élève à 750 000 euros. Et les volontés de la donatrice sont limpides : consacrer cet argent à la sauvegarde du patrimoine communal, mais aussi à l’attention portée aux aînés. Le maire, Gildas Bernard, assure que « chaque centime sera utilisé dans le respect scrupuleux de ses souhaits ». Une future résidence seniors de type béguinage est déjà en projet pour 2027-2028. Ces logements adaptés à la perte de mobilité, accessibles à la location ou à l’achat, permettront à des personnes âgées de rester autonomes dans un cadre sécurisant. Un lavoir, situé à quelques mètres de l’ancienne maison familiale et particulièrement cher à Marie-Pierre Tual, sera également restauré. Enfin, la commune s’est engagée à entretenir les tombes de ses grands-parents à Plounévez-Lochrist et celles de ses parents en région parisienne. Par ce geste posthume, Marie-Pierre Tual a inscrit son nom dans l’histoire d’un village qui l’avait accueillie sans bruit, mais auquel elle avait manifestement donné beaucoup de cœur. Un legs qui, au-delà de l’argent, scelle un lien de fidélité rare entre mémoire intime et engagement local.