Condamnation à Béziers, un an de prison pour des injures antisémites proférées devant une synagogue (Capture CNEWS)
Condamnation à Béziers, un an de prison pour des injures antisémites proférées devant une synagogue (Capture CNEWS)

La nuit du 23 au 24 août a viré à l’obsession dans un appartement de Trappes. Entre 17 heures et minuit, Mohamed B., 33 ans, a inondé le téléphone de sa femme de 67 appels, ponctués d’insultes et d’un SMS glaçant : « Je te jure, ce jour est un jour noir pour toi. » Quand l’épouse est rentrée avec ses trois filles, les tensions ont explosé. Insultes, empoignade, menaces avec un couteau de cuisine : la scène s’est déroulée sous les yeux des adolescentes, dont l’une s’est interposée, allant jusqu’à brandir un fer à repasser pour protéger sa mère.

Un climat de violences banalisées

Alertée, la police a interpellé l’homme vers 0h30 et l’a placé en garde à vue. Devant le tribunal correctionnel de Versailles, l’épouse et l’une des filles ont nuancé leurs premières déclarations, minimisant la gravité des faits. Le couteau décrit d’abord comme une arme de 20 cm est devenu « un couteau à beurre », l’étranglement s’est transformé en simple saisie par le tee-shirt. À la barre, la mère a expliqué, en larmes, que les insultes faisaient « partie du couple » et que, malgré tout, elle ne se voyait pas sans son mari. Mohamed, agent de ménage à Saint-Germain-en-Laye, a pour sa part justifié ses appels et ses colères par « l’inquiétude » face à l’absence prolongée de son épouse et par la peur qu’elle ait eu un accident. Il a reconnu avoir été « très en colère » mais a nié avoir utilisé certains mots.

Un verdict de sursis

Le tribunal a condamné le prévenu à deux ans de prison avec sursis. Sans antécédent, il a quitté libre l’audience dans la soirée. Cette affaire illustre les difficultés de la justice face aux violences intrafamiliales, où victimes et agresseurs brouillent parfois les lignes entre tensions conjugales et comportements dangereux. Derrière les revirements, les juges ont rappelé que harceler, menacer et humilier reste une infraction, même quand la violence est banalisée dans le couple.

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