C’est un témoignage qui fait froid dans le dos, et qui a été diffusé sur BFM TV. Un collégien, témoin direct du drame survenu dans le collège Françoise Dolot, à Nogent, est revenu face caméra sur les instants tragiques qui ont coûté la vie à Mélanie, une surveillante de 31 ans.
« Je vais mourir », aurait dit Mélanie, consciente de la gravité de ses blessures après avoir été poignardée en pleine journée, dans la cour de récréation.
Sn agresseur, un élève de 14 ans, aurait alors répondu : « Alors, c’est qui le plus fort maintenant ? »
Un acte prémédité et un absence totale de remords
L’adolescent, scolarisé en classe de 4e, a été interpellé immédiatement après les faits. Le procureur de la République a donné des précisions glaçantes sur le comportement du mis en cause :« Il n’a exprimé aucun remords, aucune émotion. Il ne présente pas de trouble psychiatrique manifeste à ce stade des investigations. Il indique qu’il ne supportait plus le comportement des surveillantes qui auraient eu, d’après lui, une attitude différente selon les élèves. Il établit peut-être un lien entre le fait d’avoir été sermonné par une surveillante, le 6 juin, parce qu’il embrassait sa petite amie dans le collège, et précise que ce n’est pas celle qui sera sa victime. »
Le caractère prémédité de l’attaque semble établi. L’adolescent aurait saisi un couteau de cuisine dans le tiroir familial, avant de partir pour le collège ce matin-là, dissimulant l’arme dans son sac.
Une onde de choc nationale
Au lendemain du meurtre de Mélanie, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, s’est rendue sur place pour exprimer son soutien à la communauté éducative et à la famille de la victime.
La ministre a annoncé plusieurs mesures immédiates, dont le renforcement des effectifs médico-sociaux dans les établissements scolaires. Cela inclut notamment un accroissement du nombre d’infirmiers scolaires, d’assistants de service social ainsi que de psychologues de l’Éducation nationale, afin de mieux accompagner les élèves et prévenir les situations de mal-être susceptibles de dégénérer. « Nous devons tout faire pour garantir que l’école reste un lieu sûr pour tous », a-t-elle déclaré.
Par ailleurs, une minute de silence sera observée ce jeudi à midi dans tous les établissements scolaires de France en hommage à Mélanie. La décision, hautement symbolique, vise à marquer la solidarité de la communauté nationale face à cette violence inouïe qui a frappé en plein cœur du monde scolaire.
L’élève mis en cause, âgé de 14 ans et décrit comme « perturbateur » par ses enseignants, n’était toutefois connu ni des services judiciaires ni des services sociaux. Il a été placé en garde à vue dès mardi, tandis que l’enquête, ouverte pour homicide volontaire, se poursuit.