L’affaire secoue Dijon depuis plusieurs jours : un homme de 62 ans est accusé d’avoir organisé chez lui des soirées sexuelles sans le consentement de son épouse. Derrière ce qui aurait pu sembler relever du libertinage consenti, l’enquête révèle un scénario beaucoup plus trouble. L’avocate de l’homme mis en examen, Me Nathalie Lepert-de-Courville, a pris la parole pour défendre son client, incarcéré depuis trois jours. Selon elle, le sexagénaire conteste formellement tout acte de viol et affirme que sa femme était consentante. Une version des faits qui contredit les premiers éléments de l’enquête et les déclarations de la victime.
Une pratique marginale devenue incontrôlable
Me Lepert-de-Courville reconnaît que le couple entretenait depuis plusieurs années une forme de voyeurisme. Des annonces étaient publiées sur des sites spécialisés et, de façon occasionnelle, un homme était invité au domicile conjugal. Selon la défense, ces rencontres n’auraient eu lieu que deux ou trois fois par an. Mais dans la nuit du 1er août, tout bascule. Un participant à l’une de ces soirées alerte la police, s’étonnant du comportement de la femme, qu’il décrit comme « inerte » et « absente ». Il affirme avoir eu un rapport sexuel oral avec elle, mais doute à la fois de son consentement et de son discernement. Deux hommes différents se sont rendus ce soir-là au domicile, à l’initiative du mari.
La police intervient dans la foulée
D’après l’avocate, l’épouse se montre surprise par cette intrusion et déclare vouloir divorcer, sans toutefois porter plainte immédiatement. Elle reconnaît des tensions dans le couple, liées à son refus de continuer ces pratiques. Si l’homme maintient que sa femme était pleinement d’accord, l’avocate elle-même admet que la question du consentement reste posée. Selon les propos rapportés, la femme aurait déclaré qu’elle ne participait plus volontairement à ces rencontres, surtout lorsque son mari buvait avant d’inviter d’autres hommes. Des médicaments ont été retrouvés sur place, mais l’avocat de la défense affirme qu’il ne s’agirait que de traitements contre les douleurs dorsales, pris depuis longtemps. En parallèle, Me Marie-Christine Keppling, qui représente la plaignante, dresse un tableau beaucoup plus grave. Elle décrit sa cliente comme une femme vulnérable de 44 ans, qui n’aurait jamais donné son accord à ce type de pratiques, ni aux rapports sexuels qui en découlaient. L’enquête se poursuit pour déterminer si la soumission chimique ou une manipulation volontaire ont été utilisées dans le cadre de ces soirées.