La célébration des 90 ans du musée de la vénerie, ce week-end à Senlis, a tourné à l’affrontement symbolique entre veneurs et militants opposés à la chasse à courre. En marge de cet événement public, Stanilsas Broniszewski, figure du collectif AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), a été interpellé par les gendarmes et placé en garde à vue pendant quatre heures, pour « organisation d’un rassemblement illégal ».
Une garde à vue dénoncée comme politique
Selon AVA, la présence de leurs militants visait à canaliser pacifiquement l’opposition et à répondre à une « provocation » des veneurs, venus défiler en costume traditionnel avec leurs chiens dans le centre-ville. Des banderoles et slogans hostiles ont accueilli le cortège, sous les yeux de nombreux habitants. Aucune violence ni dégradation n’a été constatée, affirme le collectif. La garde à vue de leur leader est perçue par AVA comme une mesure disproportionnée et injustifiée. L’intéressé dénonce une décision « arbitraire », alors que des négociations avaient été engagées avec les forces de l’ordre pour encadrer la manifestation. Le collectif s’interroge désormais sur d’éventuelles poursuites, qu’il qualifie d’ores et déjà de « procès politique ».
Un affrontement récurrent entre tradition et contestation
Le défilé des veneurs dans la ville de Senlis, qualifié de « parade féodale » par AVA, ravive une fracture ancienne entre défenseurs d’une tradition cynégétique et militants animalistes. La tension autour de la chasse à courre reste vive dans l’Oise, notamment depuis l’affaire du cerf réfugié dans la gendarmerie de Senlis en 2023. Pour les opposants, la ville paie régulièrement les conséquences d’un mode de chasse qu’ils jugent anachronique et brutal. Le bras de fer, lui, semble loin d’être terminé.