A cause d’un différend devenu agression physique, un homme de 46 ans a été condamné par le tribunal de Dieppe pour avoir blessé un locataire au visage à l’aide d’un cutter. L’incident, survenu en février près de Tôtes, aurait pu virer au drame. Pour un loyer non réglé, le prévenu a cédé à une impulsion violente, motivée par un désir de vengeance.
Un geste brutal, des regrets tardifs
Les faits se sont déroulés sur l’exploitation agricole du frère du prévenu, où la victime travaillait. L’agresseur s’y rend pour crever une roue de tracteur, avant de poursuivre l’homme en proférant des menaces, jusqu’à lui porter un coup de cutter au visage. La blessure est profonde, proche de l’œil. Le mobile ? Le locataire, avec qui il entretient un lien ancien, aurait quitté son logement sans s’acquitter du dernier mois de loyer. Un déclencheur dérisoire pour un acte aux conséquences graves. À l’audience, l’auteur reconnaît l’intégralité des faits. « Je voulais me venger », admet-il à la barre. Il affirme avoir été d’abord agressé, tout en reconnaissant la violence de sa riposte : « C’est vrai, j’aurais pu le tuer. » L’examen psychologique évoque un trouble autistique et un tempérament impulsif, associés à un état dépressif depuis deux ans et demi, consécutif à une faillite et à un divorce.
Le parquet souligne la gravité des faits
La procureure déplore une situation où un simple litige civil a dégénéré faute de recours aux voies légales. Elle requiert dix mois de prison avec sursis, assortis d’une interdiction de contact avec la victime pendant trois ans. La défense plaide les circonstances personnelles et les fragilités psychologiques de l’accusé, sans nier la disproportion des faits. Le tribunal a tranché en suivant strictement les réquisitions du ministère public. Un geste impulsif, une blessure durable, et un cas de justice ordinaire devenu, en quelques secondes, une affaire de sang.