Accusé d’avoir semé la terreur dans son immeuble du Mans pendant plusieurs jours, un homme de 42 ans a été jugé le 13 juin pour une série de violences et de menaces répétées, tant envers ses voisins que contre les forces de l’ordre. Le tribunal l’a condamné à un an de prison, dont six mois ferme. Il a été écroué à l’issue de l’audience.
Insultes, coups, lacrymo et couteau
L’affaire débute le 9 juin, dans le quartier Monthéard. Ce soir-là, une femme alerte les autorités après avoir été agressée verbalement par son voisin… alors qu’elle sortait de sa douche. L’homme, furieux, s’en prend aussi physiquement à un autre voisin, venu lui porter secours. Interpellé une première fois, il est relâché. Mais la tension monte d’un cran. Pendant trois jours et trois nuits, il harcèle méthodiquement les deux riverains. Claquements de casseroles sur les portes, insultes, menaces au couteau, dégradations à répétition, et même usage de bombe lacrymogène : le voisinage vit au rythme de sa rage incontrôlée. « Mes enfants sont traumatisés », témoigne l’un des voisins ciblés, qui dit avoir failli être poignardé. Le 11 juin, la police intervient à nouveau. Depuis son appartement du 5ᵉ étage, le prévenu jette un objet sur leur véhicule. Lors de son interpellation, il s’emporte une fois de plus. Menaces de mort, injures, déclarations violentes envers les fonctionnaires : les outrages durent près de vingt minutes. Il promet notamment de « mettre un contrat » sur l’un des policiers.
Alcool, médicaments et regrets tardifs
Devant la correctionnelle, le quadragénaire, frêle, grisonnant, vêtu simplement, reconnaît tous les faits. Il évoque ses difficultés psychologiques et un usage d’alcool mêlé à un traitement médicamenteux. Une expertise psychiatrique confirme néanmoins son aptitude à être jugé. Son avocat plaide la fragilité d’un homme dépassé, qui a présenté ses excuses à ses victimes. « Je me suis énervé beaucoup trop vite », reconnaît-il à la barre. Le procureur, lui, réclame une peine ferme, soulignant la gravité de la violence et sa durée : trois jours de peur, pour deux voisins et plusieurs policiers. Il demande 15 mois de prison, dont six ferme. Le tribunal sera finalement plus clément : 12 mois dont six avec sursis probatoire. Le mis en cause a été incarcéré à l’issue de l’audience.