Saône-et-Loire : le vol de câbles paralyse la SNCF et relance la guerre du cuivre @flickr
Saône-et-Loire : le vol de câbles paralyse la SNCF et relance la guerre du cuivre @flickr

Cent mètres de câbles arrachés près de la gare du Creusot-Montchanin et des trains bloqués pendant des heures. Ce nouvel épisode, survenu le 12 septembre, illustre un fléau qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Longtemps sporadiques, les vols de cuivre sur les voies ferrées sont désormais quasi quotidiens. Fin août déjà, c’est l’axe Paris-Lyon qui avait été sérieusement perturbé par une opération du même type. Avec un cours dépassant les 10 000 euros la tonne, le cuivre est devenu une cible de choix pour des équipes organisées qui connaissent parfaitement le terrain et les filières de revente. Résultat : les 28 000 kilomètres de voies de la SNCF sont transformés en gigantesque supermarché à ciel ouvert.

Un coût colossal et des voyageurs pris en otage

Chaque année, environ un millier de vols ou tentatives de vols sont recensés par SNCF Réseau. Le préjudice est évalué entre 20 et 30 millions d’euros, sans compter les répercussions sur le trafic. Car ces câbles ne sont pas de simples fils : ils alimentent la signalisation, équivalent ferroviaire des feux tricolores. Quand ils disparaissent, impossible de faire circuler les trains en toute sécurité. Il faut ralentir, détourner, parfois annuler. Depuis 2021, le phénomène explose : le montant des préjudices a triplé, les minutes perdues en circulation ont bondi de 27 %. La densification du trafic accentue encore l’impact : sur des axes saturés comme Paris-Lyon-Marseille, le moindre incident se transforme en réaction en chaîne, laissant des milliers de voyageurs bloqués.

Un arsenal de surveillance, des drones aux patrouilles

Face à cette délinquance industrielle, SNCF Réseau déploie une panoplie de moyens. Agents de maintenance et de sûreté arpentent le terrain, les sites sensibles sont équipés d’alarmes, et des drones thermiques survolent désormais certaines zones pour repérer les intrus. Les forces de l’ordre sont associées à la surveillance et aux interventions, mais la tâche reste herculéenne : il est illusoire de clôturer ou de surveiller en permanence un réseau de cette taille. La véritable solution serait d’abandonner le cuivre pour la fibre optique, sans valeur à la revente. Mais ce chantier titanesque se heurte à la réalité budgétaire : SNCF Réseau peine déjà à entretenir ses voies, et la régénération du réseau absorbe l’essentiel de ses moyens. En attendant, les vols continuent de se multiplier et les voyageurs de payer la facture, sous la forme de retards, d’annulations et d’une exaspération croissante.

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